C’est une nouvelle offensive judiciaire de Kinshasa contre Apple accusé d’acheter des minerais pillés par les rebelles du M23, blanchis et intégrés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales
La plainte déposée simultanément en France, à Washington et à Bruxelles, vise aussi les «pratiques commerciales trompeuses» de la marque à la pomme qui assure au consommateur que «ses chaînes d’approvisionnement sont propres», précise le communiqué publié mardi 17 décembre par les avocats mandatés par la RDC : Robert Amsterdam (Washington), William Bourdon et Vincent Brengarth (Paris) et Christophe Marchand (Bruxelles).
Inquiet pour son image, Apple a de nouveau rejeté les allégations du gouvernement congolais. Le producteur de l’Iphone a ajouté qu’il a instruit ses fournisseurs de métaux de ne plus s’approvisionner en étain, tantale, tungstène et autres métaux technologiques depuis la RDC et le Rwanda. Mais comment Apple peut-il s’assurer du strict respect de cette directive ? Pour le moment, aucun rapport indépendant n’a confirmé les affirmations d’Apple selon lesquelles il ne s’approvisionne plus en «minerais de conflit», une catégorie désignant des produits miniers servant à alimenter des conflits ou obtenus en violant les droits de l’homme. Le géant de la tech américaine est plus que jamais sous pression. La firme à la pomme avait retiré 163 fonderies et raffineries de sa chaîne d’approvisionnement (9 concernant le tantale, 50 l’étain, 19 le tungstène et 85 l’or) selon une déclaration à la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés boursiers.
En avril dernier déjà, la RDC avait adressé une mise en demeure à Apple, lui demandant des comptes sur ses mécanismes de traçabilité jugés insuffisants. Le mois suivant, les avocats de Kinshasa ont informé l’opinion publique qu’ils étaient en possession de nouvelles preuves étayant leurs accusations visant Apple.





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