Le projet de minerai de fer de Baniaka, dans le sud-est du Gabon, suscite un intérêt international grandissant. Entre groupes chinois, consortiums du Moyen-Orient et fonds spécialisés, la société australienne Genmin affirme avoir reçu plusieurs propositions de financement pour boucler les 200 millions de dollars nécessaires au développement de cette future mine stratégique.

Le Gabon pourrait bientôt voir émerger une nouvelle locomotive minière. La société australienne Genmin a annoncé avoir reçu plusieurs marques d’intérêt d’investisseurs internationaux pour financer son projet de minerai de fer de Baniaka.
L’enveloppe recherchée atteint 200 millions de dollars, un montant destiné à lancer la première phase de développement de cette mine située dans le sud-est du pays.
Selon la compagnie, les offres affluent désormais bien au-delà des partenaires chinois déjà engagés dans les discussions depuis plusieurs mois.
Moyen-Orient, Chine et fonds miniers en embuscade
Parmi les propositions les plus significatives figure celle d’un consortium du Moyen-Orient, qui a soumis une offre non contraignante visant à financer l’intégralité du projet via la création d’une coentreprise.
De son côté, une société chinoise cotée à Shanghai a exprimé son intérêt pour acquérir au moins 51 % du projet, tout en participant au financement des infrastructures et à l’assistance technique.
Genmin affirme également avoir reçu une proposition d’un grand négociant mondial de matières premières prévoyant une facilité de prépaiement pouvant atteindre 50 millions de dollars, adossée à de futurs contrats d’achat sur la production de fer.
À cela s’ajoute l’offre d’un fonds d’investissement minier prêt à injecter 10 millions de dollars en financement pré-construction.
Les partenaires chinois déjà très présents
Ces nouvelles approches viennent renforcer un dispositif déjà largement tourné vers la Chine.
En décembre 2025, la société chinoise SHICO avait déjà transmis une lettre d’intention portant sur le financement de jusqu’à 60 % des besoins en capital du projet.
Quelques mois plus tôt, en avril 2025, Genmin avait signé un protocole d’accord avec Sinohydro, filiale du géant public PowerChina, pour accompagner la construction de la mine et participer à la mobilisation des financements.
Si Baniaka attire autant d’investisseurs, c’est aussi parce que le projet dispose déjà d’avancées réglementaires majeures.
La mine bénéficie d’un permis d’exploitation de 20 ans, d’une autorisation environnementale ainsi que d’une convention minière signée avec l’État gabonais.
Sur le plan logistique, l’infrastructure de transport est également en cours de structuration. Le minerai sera acheminé via une route de 60 kilomètres jusqu’à un terminal ferroviaire connecté au Transgabonais, avant exportation depuis le port minéralier d’Owendo.
Le Gabon veut sortir de sa dépendance au manganèse
Pour Libreville, l’enjeu dépasse largement le seul projet Baniaka. Le gouvernement cherche à diversifier un secteur minier encore dominé par le manganèse, en développant une véritable filière du minerai de fer.
Dans le cadre de la convention minière, l’État gabonais détient déjà 10 % du projet à titre gratuit, avec une option pouvant porter sa participation à 25 %.
Le pays percevra également une redevance de 5 % sur les revenus générés par les ventes de minerai, tandis que les bénéfices de Genmin seront soumis à une fiscalité de 35 %.
Lors de réunions tenues récemment à Libreville avec le ministre des Mines Sosthène Nguéma Nguéma, Genmin affirme avoir reçu des garanties sur l’accès aux infrastructures publiques nécessaires au développement du projet.
Le contexte international joue également en faveur de Baniaka. La montée en puissance du mégaprojet de Simandou en Guinée a ravivé l’intérêt des investisseurs — notamment chinois — pour les grands gisements africains de minerai de fer.
Premier consommateur mondial de fer, la Chine cherche à diversifier ses approvisionnements stratégiques, et l’Afrique apparaît plus que jamais comme une zone clé.
Genmin prévoit dans un premier temps une production de 5 millions de tonnes par an, avec une montée progressive vers une capacité d’au moins 10 millions de tonnes annuelles.
Une décision finale attendue à la mi-2026
Malgré cet engouement, le financement du projet n’est pas encore définitivement bouclé.
Genmin précise que l’ensemble des propositions reçues restent à ce stade non contraignantes et soumises à des négociations ainsi qu’à des audits complémentaires.
Le président exécutif de la société, Greg Lilleyman, se dit néanmoins confiant quant à la conclusion prochaine d’un accord avec un ou plusieurs partenaires stratégiques.
La décision finale d’investissement est désormais attendue à la mi-2026. Elle ouvrira alors la voie au lancement effectif de la construction de la mine et à la définition d’un calendrier précis pour l’entrée en production.
Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’avenir de Baniaka et, plus largement, pour les ambitions minières du Gabon.









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