C’est par un communiqué du cabinet présidentiel daté du 18 mai que Libreville a annoncé avoir été réintégré parmi les pays du continent bénéficiaires de la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA).
Exclu du dispositif au 1er janvier 2024 sous la précédente administration américaine en raison du coup d’Etat qui avait balayé le régime Bongo d’août 2023, Libreville voit ses efforts de normalisation institutionnelle validés par Washington. La décision des Etats-Unis est assortie d’un effet rétroactif, la réadmission du Gabon prend effet le 1er janvier 2026, annulant les droits de douane éventuels ayant pesé sur les produits gabonais. Dès le lancement de l’AGOA en 2000, le Gabon s’était imposé comme un pilier du programme grâce à ses exportations de pétrole brut en franchise de droits de porte, se hissant souvent parmi les six premiers pays bénéficiaires de ce traité sur le continent. Cependant, le boom du schiste américain a forcé Libreville à réorienter ses exportations pétrolières vers l’Asie et à trouver de nouveaux débouchés.
Grâce à la zone économique spéciale (ZES) de Nkok, le Gabon a ainsi progressivement utilisé l’AGOA comme un levier pour exporter des produits manufacturés, notamment le bois transformé et les dérivés de manganèse. Sa réintégration s’inscrit par ailleurs en droite ligne du rapprochement stratégique opéré lors du Sommet restreint USA-Afrique de juillet 2025, où le chef de l’Etat gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema faisait partie des cinq dirigeants africains invités par Donald Trump à réorienter les partenariats bilatéraux. Au cœur de ce dialogue figurait entre autres, la volonté de Washington de sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques. Le Gabon fournit du manganèse aux Etats-Unis, un minerai indispensable à la sidérurgie américaine et aux technologies de stockage d’énergie.





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