Le groupe chinois China Railway Group Ltd. (CREC) négocie avec le gouvernement congolais afin de développer un projet de mine de cuivre d’une capacité de 500.000 tonnes par an, un niveau qui placerait ce site parmi les plus importantes exploitations cuprifères au monde, rapporte l’agence Bloomberg à la suite d’une rencontre en début de semaine, entre les représentants du groupe chinois et le ministre congolais des Mines, Louis Watum.
Selon le ministre, le projet serait développé dans la province du Kasaï-Oriental dans le cadre d’une joint-venture entre la multinationale chinoise et la Société publique minière de Bakwanga (Miba) qui fut jadis spécialisée dans le diamant. S’il se concrétise, ce projet ferait déplacer le centre de gravité de l’industrie cuprifère congolaise historiquement basée dans le Grand Katanga.
D’après l’agence Bloomberg, le chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi souhaite voir le dossier avancer rapidement. Aucune estimation des investissements, ni de calendrier de développement n’ont toutefois été communiqués par les deux parties. L’arrivée d’un projet de cette envergure dans le Kasaï Oriental constituerait une forme de diversification économique pour cette région associée surtout à l’exploitation du diamant et consoliderait la position de Pékin dans le cuivre congolais.
Avec une production qui a plus que triplé en une décennie, la RDC est actuellement le deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili. Cette progression repose en grande partie sur les investissements chinois dans les mines et les infrastructures minières du pays. Bloomberg rappelle ainsi que « les entreprises chinoises contrôlent une part importante de la production congolaise de cuivre grâce à leurs investissements dans les grandes mines et dans les infrastructures associées.» Parmi les principaux sites du pays figure Tenke Fungurume, contrôlé par CMOC Group, qui a produit 519.000 tonnes de cuivre en 2025. Le complexe Kamoa-Kakula, développé par Ivanhoe Mines et Zijin Mining, a, lui, réalisé une production de 400.000 tonnes la même année.
Le groupe CREC est déjà solidement implanté dans le secteur minier en RDC. Il détient notamment une participation importante dans Sicomines, le projet sino-congolais dit «minerais contre infrastructures», conclu il y a près de vingt ans entre Pékin et Kinshasa. Cette entreprise a produit près de 250.000 tonnes de cuivre en 2025. Le futur projet au Kasaï Oriental intervient dans un contexte de compétition croissante autour des minerais stratégiques sur le continent entre les Etats-Unis et la Chine. Un partenariat conclu en décembre 2025 entre Kinshasa et Washington accorde aux investisseurs américains un accès préférentiel à plusieurs ressources critiques congolaises, notamment le cuivre, le cobalt, le lithium et le tantale.











