En quête de ressources budgétaires, Abuja a décidé de cibler les 40 millions de petits commerçants qui opèrent dans l’économie souterraine pour améliorer la collecte d’impôts, indique un communiqué de l’Agence fédérale des revenus (ndlr : l’équivalent de la Direction générale des impôts). Attention, le chantier est miné politiquement.
Pour aller chercher au moins en partie, l’assiette fiscale qui lui échappe, l’administration des Impôts nigériane s’est associée à la puissante «Market Traders Association of Nigeria», une confédération regroupant les associations des commerçants avec une base constituée de 40 millions d’adhérents. Ce partenariat permettra de collecter et de verser la TVA de leurs membres, en particulier ceux du secteur informel, de manière transparente, à l’aide d’une plateforme numérique, VAT Direct, spécialement conçue à cet effet.
L’Agence fédérale des revenus attend un peu trop de miracles de cette plateforme qu’elle présente comme un instrument de lutte contre les réseaux des faux inspecteurs et collecteurs d’impôts qui prospèrent dans le pays bénéficiant de la corruption qui gangrène le fisc nigérian. C’est une sorte d’administration fiscale « bis » qui fait concurrence au fisc. Le gouvernement espère «augmenter les recettes de TVA pour financer les infrastructures, les équipements sociaux et assurer le bien-être des citoyens.».
L’Agence fédérale des revenus du Nigeria vient de réévaluer le ratio de la pression fiscale -impôts/PIB- estimé désormais à 10,86% en tenant compte des recettes perçues par d’autres agences gouvernementales contre un taux de collecte d’impôts rapporté à la richesse nationale variant entre 5 et 6% au cours des 12 dernières années.





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