Les banques centrales ont accumulé en moyenne 1.000 tonnes d’or au cours des quatre dernières années, un fort rebond par rapport à la moyenne de 500 tonnes enregistrée au cours de la décennie précédente. Cette accélération du rythme d’accumulation est à lier avec la multiplication d’incertitudes géopolitiques et économiques, selon l’enquête 2026 du Conseil mondial de l’or.
Les banques centrales prévoient une augmentation de leurs stocks d’or au cours des 12 prochains mois. Elles mettent en avant la diversification des portefeuilles et la protection contre l’inflation, selon l’enquête réalisée par le Conseil mondial de l’or.
La Banque d’Angleterre est le coffre privilégié par les banques centrales pour stocker leurs réserves d’or bien qu’elles continuent de diversifier leurs sites de stockage. Une banque centrale sur deux (49%) opte pour une solution locale tandis qu’une partie des réserves d’or des instituts d’émission se trouve à la Banque des Règlements Internationaux (16 %). De son côté, la Banque Nationale Suisse, jadis privilégiée en raison de la neutralité de la Suisse, a perdu de son attractivité. Seuls 6 % des responsables interrogés dans l’enquête affirment y stocker les réserves d’or.
Les banques centrales africaines, surtout dans les pays producteurs d’or comme le Ghana, la Tanzanie, le Zimbabwe, le Mali, le Burkina Faso et la RDC, ont accéléré la consolidation de leur stock d’or soit pour soutenir la valeur de leur monnaie, ou pour renforcer le matelas des réserves de change.
Au Ghana, par exemple, une partie de l’or acheté cette année aux producteurs locaux par le gouvernement est utilisée pour financer les dépenses publiques et les importations de produits pétroliers. La nouvelle politique nationale d’accumulation des réserves adoptée en février 2026 par le Parlement distingue l’or acquis auprès des grandes mines, qui doit rejoindre les réserves physiques et ne pourra être vendu qu’avec l’accord du gouvernement et du Parlement, de l’or artisanal collecté par un organisme public intermédiaire. Cet artisanal est surtout commercialisé pour générer des devises cédées ensuite à la Bank of Ghana. Le métal jaune sert donc à la fois de réserve durable et de moyen d’obtenir des dollars.
Le Zimbabwe donne au métal une fonction plus directement monétaire. Lancé en avril 2024, le Zimbabwe Gold est la monnaie nationale adossée à un ensemble de réserves en or et en devises. Les avoirs en or de la banque centrale sont passés de 1,5 tonne au lancement de la devise à 4,03 tonnes fin 2025, servant à renforcer la confiance dans cette monnaie.











