À l’occasion de la Journée de l’Afrique célébrée en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le continent a réaffirmé l’urgence de mutualiser ses forces face aux défis énergétiques, hydriques et démographiques.

Pour acter cette dynamique unitaire, le président Denis Sassou N’Guesso de la République du Congo a annoncé une mesure salutaire qui est la suppression des visas pour tous les ressortissants africains dès 2027.
L’illusion de l’isolement économique
Il n’y a pas de doute que face au coût exorbitant des infrastructures de développement, faire cavalier seul est une hérésie financière. C’est le message central porté par le chef de l’État congolais, s’appuyant sur la Déclaration de Dar es Salam sur l’énergie du 28 janvier 2025. L’heure n’est plus aux nationalismes économiques étroits, mais à la solidarité stratégique à travers les blocs régionaux.
Historiquement, c’est en négociant d’une seule voix que l’Afrique a su capter les financements majeurs et nouer des partenariats d’envergure. Cette unité est d’autant plus cruciale que le continent reste freiné par des crises persistantes – du Sahel au Soudan, en passant par l’Est de la RDC et la Libye, un dossier pour lequel Denis Sassou N’Guesso a renouvelé son mandat de médiateur de l’Union africaine.
Jeunesse et infrastructures : les deux piliers de la dignité
En écho à cette vision politique, le président de la Banque africaine de développement (BAD) Sidi Ould Tah, rappelle qu’aucune transformation structurelle ne se fera sans investissements massifs dans les forces vives. Le sous-investissement dans l’agriculture, l’eau et l’énergie menace directement la stabilité du continent.
L’accès aux ressources de base dépasse le cadre technique, a-t-il souligné tout en insistant que c’est un impératif de souveraineté, de sécurité alimentaire et de résilience climatique. Mais pour le dirigeant de la BAD, ce capital ne pourra fructifier sans une inclusion réelle des femmes et des jeunes, trop souvent marginalisés par les inégalités et les charges domestiques qui brident leur potentiel entrepreneurial et éducatif.
Le «Pari de Brazzaville» : un passeport pour la prospérité
Passer des discours aux actes : tel est le défi de la nouvelle gouvernance africaine. Soixante-trois ans après la naissance de l’OUA, l’ancêtre de l’Union africaine, les exigences ont migré de la libération politique vers l’émancipation économique. Pour accélérer la libre circulation des biens et des personnes, la République du Congo a choisi de frapper un grand coup. Denis Sassou N’Guesso a solennellement annoncé qu’à compter du 1er janvier 2027, l’entrée sur le territoire congolais sera totalement exempte de visa pour l’ensemble des citoyens africains, sous réserve de contrôles sécuritaires minimaux.
Cette décision salutaire pose les jalons du futur passeport africain unique. Loin d’une vision afro-pessimiste, cette Journée de l’Afrique démontre que le continent est désormais prêt à financer ses propres leviers de croissance et à prendre, de manière unie, la pleine maîtrise de son destin économique.





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