Selon des informations relayées dans la presse financière internationale, une audience devant la Haute Cour de Londres, au Royaume-Uni, a été ouverte mercredi 12 février contre le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell. La plus haute instance judiciaire britannique évaluera les accusations contre la multinationale pour des déversements de brut ayant pollué de vastes zones du delta du Niger au Nigeria, affectant les communautés locales, notamment le peuple Ogoni
Dans cette affaire qui dure depuis près d’une décennie, la justice britannique veut déterminer si Shell et sa filiale nigériane (SPDC) peuvent être tenues pour responsables de ces déversements de pétrole. Des incidents qui, selon les populations locales, ont détruit leurs fermes, contaminé l’eau et ruiné leur mode de vie.
D’après les informations, le procès qui s’est ouvert à Londres devrait durer plusieurs semaines et clarifier les éventuelles responsabilités de Shell dans cette affaire, du point de vue de la législation nigériane. Par ailleurs, une audience supplémentaire, prévue en 2026, devrait permettre à la justice britannique de statuer sur des indemnisations potentielles.
Ce n’est pas la première fois que Shell se retrouve devant la justice, notamment en Europe, pour des accusations en lien avec des déversements découlant de ses opérations dans la région du delta du Niger. En 2021 déjà, la responsabilité de la multinationale anglo-néerlandaise dans les déversements de brut ayant affecté les terres d’agriculteurs nigérians a été reconnue par la justice néerlandaise. Cette dernière l’a reconnu et avait condamné le groupe pétrolier au paiement de 16 millions de dollars de dommages et intérêts aux victimes concernées.
Une issue similaire en ce qui concerne le procès au Royaume-Uni demeure incertaine à ce stade. Shell rejette en effet toute responsabilité directe dans cette affaire. Selon la compagnie, la majorité des déversements sont liés à des actes de sabotage et au raffinage illégal.





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