La nomination du juriste camerounais marque un tournant stratégique pour la diplomatie économique du pays et ouvre de nouvelles perspectives pour l’Afrique centrale, longtemps en retrait sur la scène financière continentale
Le rideau est tombé à Abuja. Lors de l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), tenue du 25 au 28 juin 2025 dans la capitale nigériane, Abuja, le Dr. George Elombi a été officiellement désigné président de l’institution panafricaine. Il succèdera au Pr. Benedict Oramah en septembre prochain, devenant ainsi le quatrième dirigeant de cette banque fondée en 1993.
Cette nomination ne passe pas inaperçue : elle symbolise un repositionnement de l’Afrique centrale dans l’échiquier de la haute finance continentale. En plaçant un Camerounais à la tête d’Afreximbank, les actionnaires saluent à la fois un parcours exemplaire et un choix géopolitique à fort potentiel.
Un enjeu stratégique pour le Cameroun
Pour le Cameroun, ce choix représente une victoire de la diplomatie économique. Le pays, doublement actionnaire d’Afreximbank – via l’État et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) – voit ainsi sa voix renforcée dans les instances décisionnelles de la banque. Longtemps absente des premières loges des institutions financières africaines, l’Afrique centrale y trouve également un levier d’influence inédit.
Le symbole est fort : Afreximbank, acteur clé du commerce intra-africain, ambitionne de devenir un moteur de l’intégration continentale et de l’industrialisation. Avoir à sa tête un Camerounais, au moment où ces objectifs s’intensifient, renforce les espoirs de voir davantage de projets structurants émerger dans cette région encore marginalisée.
Une trajectoire construite dans la durée
La nomination du Dr. Elombi n’est pas un hasard. Il connaît la maison. Entré en 1996 comme juriste, il y a gravi les échelons jusqu’à occuper la vice-présidence exécutive chargée de la gouvernance, des affaires juridiques et des services corporatifs. Sa gestion proactive pendant la crise sanitaire, notamment dans la mobilisation de plus de 2 milliards de dollars US pour l’achat de vaccins en Afrique et dans les Caraïbes, a marqué les esprits.
Juriste de formation, titulaire d’un doctorat en arbitrage commercial de la prestigieuse London School of Economics, après des études à l’Université de Yaoundé, Elombi est le produit d’un parcours mêlant rigueur académique, expérience continentale et sens stratégique.
Une vision panafricaine affirmée
À peine nommé, le futur président a affiché ses ambitions : faire d’Afreximbank «une force d’industrialisation pour l’Afrique» et contribuer à la «dignité retrouvée des Africains partout dans le monde.» Il s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur en visant un portefeuille d’actifs de 250 milliards de dollars d’ici dix ans.
Loin d’être une simple promotion individuelle, cette désignation engage une vision : celle d’un leadership africain porté par des figures issues de toutes les régions du continent. Le Cameroun, avec cette avancée, entre de plain-pied dans les dynamiques de transformation économique du continent.
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