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Les autorités monétaires marocaines redoutent en effet les risques inflationnistes induits par la flambée du baril de pétrole, conséquence de la guerre en cours au Moyen-Orient ainsi que son impact sur la croissance alors que le pays était installé dans un cycle de désinflation. Après un taux moyen de -0,2% au cours du quatrième trimestre 2025, l’inflation est à nouveau restée en territoire négatif en janvier 2026 en se contractant de 0,8%.

Pour sa première session de l’année tenue mardi 17 mars, le Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib (la Banque du Maroc) a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. Comme ses consœurs un peu partout dans le monde, Bank Al-Maghrib marche sur une corde raide au regard du contexte géopolitique. La devise des banquiers centraux semble être la suivante : «dans le doute, il faut s’abstenir»

Alors que le système international s'enlise dans ce que certains politologues qualifient de «monde multiplexe» (Achariya A2017) ; une configuration sui generis où la puissance militaire demeure concentrée tandis que la gouvernance mondiale se fragmente, le Maroc s'est progressivement imposé comme un «pivot systémique» de premier ordre.

En relisant un article d’un de mes professeurs feu Abdelhaï LAABI,(Les fonctions internes de la détente dans les systèmes politiques du triangle euro-arabo-africain : l’image oubliée de l’interdépendance Nord-Sud, Etudes internationales n 1 1980), il m’est venu l’idée d’étudier l’impact non pas de la détente mais cette fois des conflits post-guerre en Ukraine sur les acteurs du Sud de la Méditerranée et voir comment des pays comme le Royaume du Maroc naviguent les soubresauts du système international.

Les indicateurs chiffrés confirment ce changement d’échelle. Plus de 1,34 million de spectateurs ont assisté aux 52 rencontres disputées dans neuf stades répartis sur six villes, soit près de 26 000 personnes par match en moyenne. Selon la Confédération africaine de football (CAF), les revenus commerciaux ont progressé de plus de 90 %, portés par la revalorisation des droits télévisés et l’élargissement du portefeuille de sponsors. À la fois plus suivie, plus rentable et plus visible, la CAN marocaine s’impose comme l’édition la plus dense jamais organisée.

«Cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine.» En une phrase, le communiqué du Cabinet royal publié au lendemain de la finale a donné le ton : la Coupe d’Afrique des nations organisée au Maroc se veut un jalon continental, et non une simple vitrine nationale. Derrière la formule, un constat largement partagé dans les milieux sportifs et institutionnels africains : la CAN 2026 a fait franchir un seuil à la compétition.