Après plusieurs années marquées par une sécheresse persistante, le secteur agricole marocain retrouve des couleurs. Porté par le retour des précipitations et l’extension des surfaces cultivées, il pourrait enregistrer une croissance de 15 % en 2026, selon le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch
L’optimisme est de mise dans l’agriculture marocaine. Lors d’un point de presse tenu le 12 mars à l’issue du Conseil de gouvernement, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a annoncé que la croissance du secteur pourrait atteindre 15 % cette année. Une performance qui devrait contribuer à soutenir la dynamique de l’économie nationale.
Cette amélioration s’explique en grande partie par le retour des précipitations. Entre le 1er septembre 2025 et le 11 mars 2026, le cumul pluviométrique a atteint 462 mm, soit 134 % de plus que durant la même période de la campagne précédente et 56 % au-dessus de la moyenne des trente dernières années. Malgré des inondations enregistrées dans certaines régions du Nord et de l’Ouest, ces conditions climatiques favorables ouvrent la voie à une reprise généralisée de la production agricole.
Des surfaces agricoles en nette progression
Selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, les superficies consacrées aux principales céréales – blé dur, blé tendre et orge – atteignent désormais 3,9 millions d’hectares, en hausse de 48 % par rapport à l’année précédente. Une évolution encourageante pour une filière fragilisée par plusieurs années de déficit hydrique, de vagues de chaleur et de baisse des emblavures.
Les cultures sucrières connaissent également une progression. Les surfaces dédiées à la betterave et à la canne à sucre ont augmenté de 21 % pour atteindre 44 000 hectares, même si environ 11 000 hectares ont été touchés par les récentes inondations dans certaines régions.
Reconstituer le cheptel après la sécheresse
Au-delà des cultures, les autorités misent aussi sur le soutien aux éleveurs pour redresser la filière animale. Les aides directes accordées aux agriculteurs et la subvention de l’orge fourragère devraient contribuer à reconstituer le cheptel national, fortement affecté par sept années de sécheresse.
Selon les chiffres officiels, le Maroc a perdu près de 38 % de son cheptel bovin et ovin depuis 2016. La dégradation des pâturages et la hausse des prix des aliments pour bétail avaient même conduit le pays à renoncer en février 2025 au sacrifice du mouton lors de l’Aïd Al-Adha, face à la raréfaction du cheptel.
Vers une meilleure sécurité alimentaire
L’amélioration des conditions agricoles pourrait également réduire la dépendance du Maroc aux importations alimentaires. D’après les projections du Budget économique prévisionnel publiées par le Haut-Commissariat au Plan, la production nationale de céréales devrait dépasser 8 millions de tonnes lors de la campagne 2025/2026, soit près de 80 % de plus que les 4,4 millions de tonnes enregistrées l’année précédente.
Il s’agirait de la meilleure récolte depuis la campagne 2020/2021, où la production avait atteint 10,3 millions de tonnes. En 2024, les importations de céréales avaient représenté près de 27 milliards de dirhams, soit environ 29 % de la facture alimentaire du pays, selon l’Office des changes.
Avec un secteur qui contribue à environ 10 % du PIB et emploie plus du tiers de la population active, la relance de l’agriculture constitue un enjeu central pour l’économie marocaine et pour la sécurité alimentaire du pays.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Maroc



![Tribune | USA–Chine : de la guerre commerciale à la coopération stratégique [Par Willy lukanga] Pendant plusieurs années, le monde a observé l’escalade des tensions entre les United States et la China à travers les droits de douane, les sanctions, les restrictions technologiques et les confrontations politiques. Ce qui était présenté comme une «guerre commerciale» évolue progressivement vers une recherche de coexistence négociée et de coopération stratégique.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Trump--450x261.jpg)

