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Oakland, Californie – Un nouveau rapport de l'Oakland Institute, Floués ! La ruée vers les minéraux critiques en RDC, soulève de vives inquiétudes concernant l'accord de « paix » conclu entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) sous l’égide des États-Unis en juin 2025.

Un nouveau rapport soulève de sérieuses inquiétudes sur l'accord de « paix » signé entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) sous l’égide des États-Unis. ·       Le soutien de longue date des États-Unis au Rwanda a fait du pays une plaque tournante pour l'exportation de minerais congolais de contrebande et a permis au M23 de s'emparer d’importants territoires et sites miniers. ·       L’analyse des données de la dernière décennie sur le commerce du coltan entre les États-Unis, le Rwanda et la RDC révèle le rôle clé des États-Unis dans le blanchiment de ces minerais. ·       La clause d'intégration régionale de l'accord normalise ce blanchiment. Négociant des concessions avec des entreprises américaines, le gouvernement congolais a accepté une nouvelle ère d'exploitation, tandis que la guerre continue.

Oakland/Kinshasa - Le 20 mai dernier, l'ancien Premier ministre de la RDC, Matata Ponyo, l'ancien gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo, et l'homme d'affaires sud-africain, Christophe Grobler, ont été reconnus coupables de détournement de fonds liés au projet de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. Matata Ponyo a été condamné à dix ans de travaux forcés, et les deux autres à cinq ans. Le tribunal a également ordonné la confiscation des biens des deux premiers, ainsi que la privation de leurs droits civils et politiques pendant cinq ans.

Le 20 mai 2025, la Cour constitutionnelle de la RDC délivrait de lourdes peines de travaux forcés pour détournement de fonds à l’encontre de trois acteurs clés du projet de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, dont l’ancien Premier ministre Matata Ponyo. La débâcle du parc de Bukanga Lonzo démontre qu’il est urgent d’en finir avec les éléphants blancs des grands projets agricoles en RDC. Le projet PRODAN, actuellement en cours de mise en place à Ngandajika (province de Lomami) grâce à un prêt de la Banque africaine de développement (BAD), est voué à un échec similaire. La CONAPAC et l’Oakland Institute exhortent le gouvernement congolais et la BAD à engager d'urgence une consultation avec la société civile et les organisations paysannes afin de réorienter radicalement le projet.

«Indiscutablement, l'implication des États-Unis dans les affaires congolaises a toujours été liée à un objectif de garantir l'accès aux minéraux critiques,» a déclaré Frédéric Mousseau, co-auteur du rapport et directeur des politiques à l'Oakland Institute. «L'accord de ‘paix’ intervient après des décennies de formation, conseil et soutien américains à des armées étrangères et mouvements rebelles, et à un moment où le Rwanda et son bras armé, le M23, ont étendu leur contrôle territorial dans l'est de la RDC. Il s'agit d'un accord gagnant-perdant qui favorise les intérêts miniers américains et offre une prime au Rwanda pour des décennies de pillage des ressources congolaises.»

L’Etat du Congo, les groupes miniers internationaux, les occidentaux, notamment les Américains, sont brocardés par l’ONG américaine Oakland Institute. Leur tort : l’exploitation abusive et massive de la République démocratique du Congo au détriment des peuples autochtones. Ce sont les grandes conclusions du rapport sans ambages que vient de produire l’ONG américaine. Entretien avec Frédéric Mousseau, l’un des dirigeants du groupe de réflexion progressiste, Oakland Institute, basé en Californie