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Ce ballet de recrutement, de cooptation et d’appuis médiatiques est devenu une marque de fabrique des campagnes électorales contemporaines, en particulier au pays de Hollywood, les États-Unis, mais aussi en Europe, en Amérique latine et en Afrique, à un moment où le populisme devient le crédo des partis politiques et une panacée de réussite électorale. Le phénomène est mondial : en Ukraine, Volodymyr Zelensky, humoriste qui incarnait un président vertueux dans une série télévisée, a accédé à la magistrature suprême ; au Libéria, George Weah, lauréat du Ballon d’or 1995, est devenu président après une guerre civile ravageuse ; sans parler des États-Unis, où Ronald Reagan et Arnold Schwarzenegger ont fait le saut des plateaux de tournage et des studios de télévision aux plus hautes fonctions. Toutefois, cette tendance suscite à la fois fascination et inquiétude, soulevant des questions fondamentales sur la légitimité et l’éthique politiques à l’ère de l’État-spectacle et de la saturation médiatique.

L’actualité politique regorge d’exemples de célébrités de tous horizons – radio et télévision, divertissement, football, athlétisme, théâtre et cinéma – qui décident de changer de cap et de plonger dans la politique, que ce soit comme élus, ministres, administrateurs, fonctionnaires internationaux ou ambassadeurs de bonne volonté. Sur le plan partisan, surtout à la veille des élections, les partis politiques se disputent pour recruter des célébrités, soit pour peaufiner leur image et redorer leur blason, soit pour damer le pion aux autres partis en les privant de ce précieux sésame de candidats de haut calibre et connus du grand public.

George Weah

Elu en 2017 sur fond de promesses de développement économique, de lutte contre la corruption, de création d’emplois, l’ancienne star du football est accusée par ses détracteurs d’avoir échoué à sortir le pays de la crise. Certains de ses opposants paraphrasant François Mitterrand lui demandent de s’excuser auprès des Libériens au lieu de se représenter à la présidentielle. En 1981, l’ancien président français avait fait sensation en suggérant à Valéry Giscard d’Estaing de «présenter ses excuses au peuple français plutôt que de se représenter».