Tous les articles qui parlent de Romuald Wadagni - Page 2

L’actuel ministre des Finances a promis d'aller «encore plus loin» dans la transformation du pays, tandis que son seul rival est resté très discret, rapporte l’AFP. Pour prendre sa suite, Talon a adoubé Romuald Wadagni, l’argentier du pays, qui bénéficie du soutien des deux principaux partis de la majorité présidentielle. Son seul adversaire, l'opposant dit «modéré», Paul Hounkpè, a mené une campagne presque invisible, avec quelques déplacements en province mais a tenu très peu de grands meetings.

La campagne présidentielle s'achève ce vendredi 10 avril avec plusieurs meetings avant le scrutin de ce dimanche dont les résultats seraient sans suspense tant le candidat porté par la majorité sortante, Romuald Wadagni, 49 ans, est donné largement favori. Le Bénin élit son président dans 48 heures après 10 ans de gouvernance de Patrice Talon, qui passe la main conformément à la Constitution.

Le relèvement intervient onze semaines après l’investiture, le 23 mai, de Romuald Wadagni. Élu président le 12 avril, celui qui a dirigé le ministère béninois de l’Économie et des Finances pendant dix ans, de 2016 à 2026, entend inscrire son septennat dans la continuité des réformes engagées au cours de la dernière décennie.

En lançant, ce 27 mars à Kandi sa campagne présidentielle, Romuald Wadagni n’a pas choisi au hasard l’Alibori. Plus grand département du Bénin et deuxième plus peuplé, l’Alibori concentre plusieurs grands enjeux nationaux  : transformation agricole, intégration économique régionale, emploi des jeunes, accès aux services publics et sécurité dans l’extrême nord. Un choix qui symbolise la volonté de Romuald Wadagni d'être le candidat de tous les Béninois.

Le positionnement du candidat repose sur une articulation assumée entre continuité et inflexion. Continuité, car le programme s’appuie explicitement sur les acquis des dix dernières années, qu’il s’agisse de la crédibilité financière retrouvée, des investissements structurants ou de l’émergence de pôles industriels comme la GDIZ. Inflexion, car il s’agit désormais de faire descendre ces performances au niveau du quotidien, en réduisant les écarts territoriaux et en renforçant l’impact social de la croissance.

Au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni a levé le voile lors d’une présentation dynamique sur scène sur un projet de société structuré pour la période 2026-2033, dans la continuité assumée de la décennie Talon tout en voulant marquer sa différence. Après avoir restauré les fondamentaux, le Bénin doit désormais transformer sa solidité économique en progrès tangible, à l’échelle des territoires et des citoyens. Une ambition résumée par le slogan «Plus Loin, Ensemble».

Longtemps célébré pour son rayonnement intellectuel, le Bénin a entrepris depuis 2016 de réconcilier son héritage académique avec les impératifs de la production moderne. Ce cycle décennal marque la fin d'une époque où l'école fonctionnait en vase clos. Aujourd'hui, la rigueur macroéconomique sert un dessein plus vaste : bâtir un système éducatif dont le diplôme n'est plus une fin en soi, mais un passeport pour l'emploi.

En une décennie, le Bénin a opéré une transition structurelle majeure, passant d’une économie de rente basée sur l’exportation de ressources brutes à un modèle où le capital humain est le moteur central du développement. Entre révolution industrielle, mutation numérique et réformes de l’éducation, le pays se transforme pour offrir des perspectives concrètes à sa jeunesse

Dans l’administration, la consigne était claire : retour au travail. Les ministères du centre-ville ont ouvert à l’heure habituelle, les agents se sont présentés comme un lundi normal, les réunions programmées ont été maintenues. Les établissements scolaires ont eux aussi assuré la continuité. Dans les écoles primaires de quartiers comme Akpakpa ou Saint-Michel, la cloche a sonné comme d’ordinaire. Les lycées et universités ont maintenu examens et contrôles, élément clé pour des familles qui redoutent toujours les retards de calendrier scolaire.

Lundi matin, peu après 7 heures, la circulation était déjà dense sur l’axe Godomey-Cotonou. En moins de vingt-quatre heures, la capitale économique du Bénin a repris le visage d’une ville ordinaire, loin des images de coups de feu et de prise de contrôle de la télévision nationale qui ont marqué la matinée de dimanche avant que l’ordre soit rapidement de retour.