Les crispations politiques qui ont entouré les récentes élections législatives, largement remportées par le parti au pouvoir, et éjectant de fait l’opposition du Parlement, ne semblent guère avoir eu d’effet sur la perception du risque souverain du pays. En effet, l’agence Fitch Ratings a relevé vendredi 16 janvier, la perspective adossée à la note du Bénin de «stable» à «positive,» tout en confirmant le rating à long terme en devises étrangères à B+.
Fitch salue «de solides perspectives de croissance et une discipline budgétaire crédible.»
Les analystes de l’agence de notation financière mettent en avant des perspectives de croissance bien supérieures à celles des pays comparables. Après une croissance de 7,5 % en 2025, le PIB réel devrait rester au-dessus de 6,5 % cette année et en 2027. Cette performance est bien au-dessus de la médiane des pays notés «B,» souligne l’agence de notation. Il reste à voir si cette croissance impactera le niveau de vie de la population car «on ne mange pas la croissance,» dit un adage populaire dans les capitales africaines.
Une croissance diversifiée
Ce dynamisme de l’économie béninoise repose sur une croissance diversifiée, tirée par l’agriculture, l’industrie, les services, le tourisme, mais aussi, par l’activité du port de Cotonou et les chantiers d’infrastructures. Fitch Ratings salue par ailleurs la résilience de l’économie face à des chocs externes, dont la fermeture de la frontière avec le Niger avec lequel les relations sont quasiment rompues, et la suppression des subventions du carburant au Nigeria dont une partie s’écoulait au Bénin.
Autre point souligné par l’agence : la discipline budgétaire. Dans ses prévisions, Fitch anticipe un déficit de 3,1 % du PIB en 2025, conformément à la norme de l’UEMOA. Le déficit budgétaire devrait rester stable jusqu’en 2027, l’effort d’investissement de l’Etat serait compensé par une meilleure mobilisation des recettes fiscales, attendues à 15,8 % du PIB.
Diminution du trend de la dette
Cette combinaison de croissance et de prudence budgétaire permet d’envisager un reflux de la dette estimée à 51,8 % du PIB en 2025 pour passer sous la barre de 50 % en 2027. Fitch met également en avant la structure jugée favorable de la dette publique, dont la maturité moyenne atteint 9,3 ans, composée à 99 % d’instruments à taux fixe et à 57 % de financements concessionnels, avec un taux d’intérêt moyen faible, de 3,4 % à fin 2025. Pour l’essentiel (82%) l’encours est libellé en francs CFA ou en euros, ce qui limite ainsi les risques de refinancement et de change. Le contexte régional joue aussi en faveur de Cotonou.
Bémol : le revenu par habitant reste bien en dessous de la médiane des pays notés «B»
Fitch Ratings relève que le redressement des réserves de change de l’UMOA, passées de 16 à 33 milliards de dollars en un an, réduit les risques de liquidité externe pour les Etats membres.
Dans le tableau que brosse l’agence de notation américaine, ses analystes notent quelques points faibles qui pourraient plomber l’économie du Bénin à moyen terme. A 1.600 dollars, le niveau de revenu par habitant reste bien en dessous de la médiane des pays notés «B» ainsi que le poids de l’économie informelle et les risques sécuritaires dans la sous-région.





Bénin



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