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La place régionale d’Abidjan voit grand

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La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a doublé de taille en deux ans, mais elle reste encore un petit marché, même à l’échelle continentale avec une capitalisation, fin 2014, de 13,3 milliards d’euros. Aujourd’hui, la place régionale d’Abidjan cherche non seulement à convaincre les entrepreneurs locaux d’entrer en Bourse mais aussi à en faire autant avec les investisseurs étrangers et notamment ceux de la zone euro.

Edoh Kossi Amenounve

Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM

Gabriel Fal, Président du Conseil d’administration de la Bourse régionale des valeurs mobilières, qui réunit les 8 pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire Ouest africain), a entamé la tournée des places financières à la rencontre des investisseurs. Après Paris il y a quelques semaines, la BRVM a organisé une conférence à la Bourse de Londres le 28 avril… en présence notamment de la vingtaine de fonds anglo-saxons investis sur la Bourse régionale. En présence notamment de la ministre ivoirienne auprès du Premier ministre, chargée de l’Économie et des finances, Nialé Kaba, cette conférence a permis de présenter le marché financier de l’UEMOA aux investisseurs internationaux, notamment britanniques. La Bourse de Londres est la première place financière européenne. Il faut dire que l’objectif du management de la BRVM est de convaincre les investisseurs étrangers et notamment ceux de la zone euro de venir investir sur son marché et exhorter les entrepreneurs locaux d’entrer en Bourse. La tache ne sera pas facile car si les Anglo-Saxons semblent intéressés par le potentiel de développement de la région, les investisseurs de la zone euro, en revanche, semblent plus difficiles à convaincre. « Après le succès des BRVM Investment Days à Paris en octobre 2014, il était naturel que la deuxième édition se déroule dans la capitale britannique. La Bourse de Londres développe une coopération avec la finance africaine et constitue un relais de croissance pour la BRVM », explique Gabriel Fal, dans un communiqué. Avec une capitalisation qui a doublé en trois ans (7 458 milliards de F CFA, soit près de 13,8 milliards de dollars au 31 décembre 2014) et une progression constante des transactions, la BRVM ambitionne de devenir une destination privilégiée pour de nombreux investisseurs internationaux qui souhaitent diversifier leur portefeuille d’actifs et ainsi contribuer au développement des économies africaines. « Au même titre que Johannesburg, Lagos, Casablanca, Nairobi… notre Bourse régionale incarne cette nouvelle frontière de la finance qui assure sécurité et rendement », se félicite Edoh Kossi Amenounve, Directeur général de la BRVM.

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3 887,1 milliards de F CFA levés en 17 ans

Lancée le 16 septembre 1998, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) réunit les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Son siège est à Abidjan. La BRVM compte 39 sociétés cotées : les trois principales valeurs sont Sonatel, Ecobank et Solibra. La BRVM offre également une forte activité sur le marché obligataire (privé et souverain). Depuis 1998, plus de 280 opérations ont été réalisées et ont permis de lever 3 887,1 milliards de F CFA (7,2 milliards de dollars) : 644,054 milliards de F CFA (1,2 milliard de dollars) sur des opérations de capital et 3 243,55 milliards de F CFA (6 milliards de dollars) en emprunts obligataires.

Après une année 2013 record (les deux indices BRVM 10 et BRVM Composite ont progressé de 33,85 % et de 39,28 %), l’année 2014 a consolidé cette croissance (l’indice BRVM 10 a progressé de 8,60 % et l’indice BRVM Composite de 11,23 %). Par ailleurs, avec deux nouvelles introductions (Bank of Africa Sénégal en décembre 2014 et Total Sénégal en février 2015), la BRVM compte à présent 39 sociétés cotées. La dernière introduction remontait à avril 2010 avec Bank of Africa Côte d’Ivoire. « Et si on ajoute à cela l’entrée dans les deux indices internationaux S&P et MSCI, la BRVM est à présent sur une dynamique qui profite à tous. Les entreprises régionales se financent et les investisseurs valorisent l’épargne de la zone UEMOA. Au final, nous assistons à un développement de l’actionnariat populaire qui constitue la meilleure formule pour une appropriation de nos moteurs de croissance et de nos outils de production », analyse Edoh Kossi Amenounve. « Pour accélérer ce processus, la BRVM doit nécessairement attirer la finance internationale à la recherche de nouvelles places émergentes ou pionnières. C’est comme cela que nous allons augmenter la profondeur et la liquidité de notre marché. Pour cela, la BRVM s’est mise au niveau des standards internationaux : notre marché est contrôlé et régulé, et en plus il offre des rendements à présent inaccessibles au Nord », explique Gabriel Fal. Le rôle du secteur bancaire et financier dans l’accélération de la croissance africaine, l’innovation technologique et les télécommunications comme facteur de développement, la montée de la classe moyenne et l’évolution de la grande distribution, la dette souveraine ou privée face aux défis du financement des infrastructures ont été les principaux thèmes abordés durant cette deuxième édition des « BRVM Investment Days ». Les dirigeants de plusieurs sociétés cotées à la BRVM (BMCE Bank actionnaire de Bank of Africa, Ecobank, Orange actionnaire de Sonatel, Total Sénégal, Palmci, SAPH ou CFAO actionnaire de CFAO Motors Côte d’Ivoire) ont participé à cette deuxième édition des « BRVM Investment Days ». Malgré tout, le marché panafricain a les défauts de sa jeunesse : un manque de profondeur et de liquidité alors que le groupe de télécoms Sonatel et Ecobank pèsent, à eux seuls, 50 % de la capitalisation… Même si les volumes de transactions ont crû de 70 % en 2014. Créée en 1998 (voir encadré), la BRVM, 6ème bourse du continent africain, ne compte encore que 39 valeurs cotées. Lors de son arrivée en 2013, Gabriel Fal exprimait son souhait de faire entrer de huit à neuf nouvelles valeurs sur le marché. Au final, il n’y en a eu que deux, dont Total Sénégal.

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