fbpx

Portrait : Cheikhna Ould Nenni, d’homme de médias à diplomate chevronné

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Le vaste mouvement diplomatique opéré mercredi 24 février par les autorités mauritaniennes envoie Cheikhna Ould Nenni à Paris où il aura en charge la représentation de son pays à l’UNESCO et à la Francophonie. Une consécration après un long parcours qui aura conduit cet ancien patron de presse, de Consul général à Dakar à Paris en passant par le poste de Directeur général de l’Agence mauritanienne d’information (AMI), ambassadeur au Niger et un retour gagnant, en 2019, dans la capitale sénégalaise (ambassadeur).

Homme de relations, Cheikhna (pour les intimes), diplômé en droit de l’Université du Havre, a su investir dans la diplomatie une fructueuse expérience acquise, sur deux décennies, dans les médias dont il est l’un des pionniers en Mauritanie.

Fondateur de la Mauritanienne de presse, d’édition, de communication et d’information (MAPECI) qui lancera, au milieu des années 90, les journaux Akhbar Nouakchott et Nouakchott Info et une société de distribution (MPC), Il fut, en 1996, le premier président de la première Association Nationale de la Presse Indépendante (ANPI), avec le soutien des plus grands médias de la place (Le Calame, l’Authentique, L’Eveil Hebdo, La Tribune).

Son combat, pour avoir une entreprise de presse digne de ce nom, est connu de tous. Siège, comptabilité, contrats de travail, moyens et investissements conséquents dans le matériel et les ressources humaines étaient, à la fin des années 90, ce qui donnait de l’avance, en termes d’organisation et de professionnalisme, aux journaux dirigés par Cheikhna qui avait également pensé,  dans une optique de parachèvement de son Groupe de presse, à un site (ANI) et plus tard à une radio privée (radio Nouakchott).

Premier chef d’une véritable entreprise de presse en Mauritanie, Cheikhna Ould Nenni deviendra aussi le précurseur des quotidiens en Mauritanie. Fin 2002 début 2003, il transforme Nouakchott Info en quotidien, ouvrant la voie, trois années plus tard, aux autres. La période de transition (2005-2007) verra une explosion de quotidiens dont le nombre atteignit 13 titres.

C’est de cette « école » que sortiront de grands noms de la presse indépendante en Mauritanie tels Isselmou Ould Salihi, ancien directeur délégué du Groupe de presse créé aux forceps par Cheikhna et qui est actuellement coordinateur du centre de documentation et d’information du Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et autres relations avec le parlement,  Houssein Ould Meddou, actuel président de la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) et Mohamed Mahmoud Ould Abou Al Maali, nommé il y a un an directeur général de la télévision Al Mouritaniya (publique).

Les succès dans la presse de Cheikhna Ould Nenni ne s’arrêtent pas aux organes privés qu’il avait lancé dans un contexte très difficile, quand le métier naissant de journaliste indépendant en Mauritanie était un véritable sacerdoce.

Appelé en 2010 à l’Agence mauritanienne d’information (AMI) il a su imposer un style de travail que les journalistes de cette agence gouvernementale, réplique moderne  des Écuries d’Augias, n’avaient jamais connu avant lui.

Avec le temps, Cheikhna qui avait ajouté d’autres cordes à son arc ; et l’une d’elles, la politique, mène à la diplomatie dans laquelle il allait exercer également ses talents d’homme de relations.

A Dakar où  son appartenance à une lignée maraboutique bien connue, les Ehel Moulay Zeine, famille chérifienne symbole en Mauritanie de la résistance à la colonisation était un plus auprès de toutes les confréries religieuses jouissant d’un statut privilégié, il n’aura aucun mal à allier finesse diplomatique et relations socioculturelles bien établies pour aplanir les difficultés qui surgissent de temps à autre entre les deux pays. Un travail d’importance mené sans tambour ni trompette durant la présidence d’un Ould Abdel Aziz aux manières heurtées.

A l’UNESCO et à la Francophonie,  Cheikhna Ould Nenni se trouve en terrain favorable pour revenir à ses premières amours : mettre ses compétences de journaliste au service de la diplomatie culturelle mauritanienne.

Partager.

Répondre