Du 29 juin au 2 juillet, se déroulait en France l’édition 2025 de la fête du cinéma. Durant plusieurs jours, près de 3 millions de spectateurs se sont rendus dans les salles obscures. Un chiffre décevant de l’avis de certains observateurs, regrettant l’absence à l’écran de locomotive cinématographique à l’instar du Comte de Monte-Cristo, avec Pierre Niney, l’an dernier. Toutefois, cette édition a permis à de nombreux cinéphiles de découvrir deux films qui font la part belle à la réalité francophone et à deux acteurs binationaux issus du monde du «stand up» en pleine ascension

La fête du cinéma est un événement annuel qui vise à la promotion du cinéma en France. Elle est l’occasion durant plusieurs jours en juin ou juillet de chaque année de permettre à un large public de visionner des films au cinéma pour un tarif relativement modeste. Un rendez-vous que le public français attend avec impatience, le cinéma étant une de ses activités culturelles phares. Deux films français avec l’un comme l’autre, pour personnage principal un humoriste «français issu de la diversité» ont égayé la 40e édition de la fête du cinéma. Il s’agit d’une part de «Sur la route de papa», film réalisé par Nabil Aitakkaouali et Olivier Dacourt avec notamment Redouane Bougueraba et d’«Indomptables» réalisé par Thomas Ngijol qui en est l’acteur principal.
«Sur la route de papa» versus «Indomptables»
«Sur la route de papa» est une comédie qui nous compte l’histoire d’un architecte français aux racines marocaines qui doit se rendre pour affaires à Los Angeles afin de présenter à des clients potentiels un projet architectural d’envergure internationale. Kamel dont le couple est en crise, décide d’y inviter également pour les vacances, sa famille tout en lui cachant le véritable enjeu du voyage outre-Atlantique. Bref, son objectif est de «faire d’une pierre deux coups.» Par un concours de circonstances, Kamel se retrouve dans l’obligation préalable de partir pour le Maroc avec sa famille et sa mère, afin d’y «rapatrier» la vieille voiture de son père décédé. Le film est l’occasion d’un huis clos troublant durant lequel quelques «règlements de compte» ont lieu entre les différents protagonistes : Kamel, son épouse, sa mère, son fils et sa fille.
«Indomptables,» titre qui n’est pas sans rappeler le surnom donné aux joueurs de l’équipe de football du Cameroun est une adaptation du documentaire, «un crime à Abidjan» de Mosco Boucault. L’histoire se déroule entièrement en Afrique, à Yaoundé au Cameroun. Le Commissaire Billong, policier expérimenté doit enquêter avec ses collaborateurs sur le meurtre d’un collègue. Soumis à une forte pression hiérarchique pour obtenir des résultats, ce policier à l’éthique professionnelle irréprochable voit sa vie personnelle et familiale profondément bouleversée.
Des thèmes forts et d’actualité
Si les deux films sont totalement différents en matière de scénario, et aussi en termes de décor et d’ambiance, ils présentent néanmoins des parallélismes qu’il est intéressant de décoder.
Premièrement, malgré les premiers rôles attribués à des humoristes de renom, ces films ne sont à aucun moment comiques et se rapprochent davantage d’une forme de cinéma d’auteur.
Deuxièmement, le thème de la famille est central. Les responsabilités du père au sein de la structure familiale et dans un monde qui bouge sont revisitées rappelant à tous qu’une charge mentale pèse également fortement sur certains pères de famille. Ces pères modernes qu’on appelait il n’y a pas si longtemps les chefs de famille, se retrouvent coincés entre de multiples injonctions : être des papas présents et des travailleurs performants, être des papas aimants et doux mais aussi rigoureux et parfois intransigeant, etc.
Troisièmement, les relations dans le couple sont également violemment questionnées soulignant leur complexité quelle que soit la latitude sous laquelle on vit et l’époque brève de leur caractère universel.
La question des blessures d’enfance passées ou à venir, les inquiétudes en matière éducative liés à nos propres traumatismes et nos résiliences diverses sont quelques-uns des sujets mis sur la table.
Il est saisissant de constater que les deux humoristes excellent dans leur rôle respectif et se révèlent fort convaincants dans leur jeu de père tourmenté par leurs obligations professionnelles, conjugales et familiales. Il est vrai que les humoristes sont souvent de fins observateurs et analystes de l’âme humaine d’une part et des tendances sociétales d’autre part. Des qualités qui peuvent leur permettre d’interpréter parfois avec conviction certains rôles.
On notera par ailleurs la sortie du grand déplacement, un film avec un autre humouriste à l’affiche : Jean Pascal Zadi. Comédie qui constitue lui aussi l’occasion d’asséner quelques vérités et de dénoncer des dérives sociétales.
Une explosion de talents Francophones

Depuis deux décennies environ, des dizaines d’humoristes ont émergé sur la scène nationale dans le champ du «stand up», notamment. Ils sont issus de toutes les couches de la population française, aussi bien des quartiers aisés que populaires mais aussi de tout l’espace Francophone.
En France et en Europe, on citera pêle-mêle outre Thomas Ngijol et Radouane Bougheraba, Fabrice Eboué, Malik Benthala, Issa Doumbia, Fary, Paul Mirabel, Claudia Tagbo, Haroun, Kody ou encore Nawell Madani…
Virevoltant de salles de spectacles en salles de théâtre, de studios radios en studios radios, de plateaux télé en plateaux télé, bénéficiant du boom des réseaux sociaux et de leur formidable puissance, ces artistes incarnent une vraie fraternité Francophone et universelle.
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