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Afrique du Sud : plusieurs ministres sont renvoyés dont celui de la Santé pour corruption

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                                                                              AFP

Le président, Cyril Ramaphosa, a supprimé, jeudi, le ministère de la sécurité de l’Etat, rattachant directement cette responsabilité à la présidence. Le ministre de la défense a lui été réaffecté.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé, jeudi 5 août, un important remaniement gouvernemental : dix nouveaux ministres ont été nommés, notamment à la défense, aux finances et à la santé.

Si l’ampleur de ces changements surprend, le départ de Zweli Mkhize à la santé, suspendu depuis le début de juin, était attendu. Des critiques croissantes reprochaient au président son inertie ou son impuissance, alors qu’il avait promis au début de son mandat, en 2018, qu’il ne serait pas tendre avec les corrompus.

Des enquêtes sur des irrégularités financières

Médecin de formation largement salué pour sa réactivité face au Covid-19, le ministre de la santé avait été placé en « congé spécial » au début de juin à la suite de l’ouverture d’une enquête pour corruption visant deux de ses proches au ministère, dans le cadre d’un contrat public pour lutter contre la pandémie.

La semaine dernière, l’Unité des enquêtes spéciales a saisi la justice pour récupérer l’équivalent de près de 9 millions d’euros provenant d’un contrat irrégulier avec la société de communication Digital Vibes, qui aurait bénéficié à M. Mkhize et à son fils.

Ses enquêteurs ont remis un rapport complet au président à la fin de juin. Et cette semaine, le quotidien Daily Maverick a publié sa propre enquête, affirmant que les fonds détournés avaient été investis dans un salon de beauté pour ongles appartenant à la belle-fille de Mkhize, entre autres extravagances.

A la fin de mai, des médias avaient dévoilé que l’ex-porte-parole de M. Mkhize, Tahera Mather, et son ancienne assistante personnelle, Naadhira Mitha, auraient touché des millions de rands en paiements irréguliers liés à ce contrat pour élaborer une communication publique sur le Covid-19 depuis mars 2020. Le ministre avait reconnu « des irrégularités flagrantes », réclamant « un peu de temps » pour y répondre, ce qui lui avait valu de nombreux sarcasmes.

Le président a précisé, dans une allocution télévisée, que M. Mkhize avait demandé de « quitter son poste pour apporter de la stabilité à cette fonction importante ».

Le ministère de la sécurité de l’Etat supprimé

D’autres changements surviennent au sein du gouvernement. Aux finances, Tito Mboweni, célèbre pour son humour et sa passion pour la cuisine, cède sa place après avoir « navigué à travers une période économique particulièrement difficile », a déclaré le président.

Dans la foulée des violences terribles, incendies criminels et pillages qui ont secoué le pays à la mi-juillet, M. Ramaphosa supprime aussi le ministère de la sécurité de l’Etat, rattachant directement cette responsabilité à la présidence.

Alors que la défaillance du renseignement a été sévèrement critiquée par l’opposition et de nombreux médias, il a expliqué vouloir que « les services de renseignement, intérieur et extérieur, permettent au président d’exercer plus efficacement sa responsabilité de protéger la sécurité et l’intégrité de la nation ». Le pays a fait face « il y a trois semaines à une campagne orchestrée de violence publique, de destructions et de sabotages », a réaffirmé M. Ramaphosa.

Les premiers incidents avaient suivi l’incarcération de l’ancien président, Jacob Zuma, pour une affaire d’outrage à la justice, avant de se répandre en pays zoulou (est) et dans la capitale économique, Johannesburg.

Nosiviwe Mapisa-Nqakula, qui était ministre de la défense depuis 2012, sera prochainement nommée à un nouveau poste, a encore annoncé le président, sans autre précision.

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