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Accueil - Archives - Tribune | De Suez à Ormuz (1956–2026) : Détroits au cœur de la recomposition géostratégique mondiale [Par le Prof El Hassane Hzaine]  

Tribune | De Suez à Ormuz (1956–2026) : Détroits au cœur de la recomposition géostratégique mondiale [Par le Prof El Hassane Hzaine]  

La rédactionPar La rédaction31 mars 2026 Archives
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Les événements actuels dans le Golfe nous rappellent la crise de Suez de 1956, suite à la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Jamal Abdel Nasser ; cette comparaison est pertinente à plusieurs niveaux, au-delà des simples similitudes opérationnelles et des enjeux géoéconomiques du canal de Suez et du détroit d'Ormuz, des passages stratégiques pour les flottes et le commerce international.
La manipulation géoéconomique du détroit confère à Téhéran une capacité de dissuasion asymétrique, bien supérieure à son arsenal militaire conventionnel, et constitue ainsi son principal atout stratégique dans la recomposition régionale.

La fermeture du détroit d’Ormuz, à la suite du conflit débuté le 28 février, a déclenché une cascade systémique mondiale qui a touché non seulement les États mais aussi la vie quotidienne des ménages, notamment à la suite de la flambée des prix du carburant, des coupures de courant dans certains pays d’Asie du Sud et du début de la paralysie de certaines chaînes d’approvisionnement (due à des pénuries de minéraux critiques et d’intrants exportés par les pays du CCG – l’hélium,  gazole, phosphate, aluminium)

En effet, environ 20 millions de barils par jour ont été interrompus, 40 % de la production mondiale de semi-conducteurs et d’engrais phosphatés a été paralysée, une baisse de 95 % du trafic maritime et l’échouement de 8 % de la flotte marchande mondiale. Ces chiffres révèlent, si nécessaire, l’importance cruciale de ce passage, qui est partiellement sous contrôle iranien. La manipulation géoéconomique du détroit confère à Téhéran une capacité de dissuasion asymétrique, bien supérieure à son arsenal militaire conventionnel, et constitue ainsi son principal atout stratégique dans la recomposition régionale.

Les événements actuels dans le Golfe nous rappellent la crise de Suez de 1956, suite à la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Jamal Abdel Nasser ; cette comparaison est pertinente à plusieurs niveaux, au-delà des simples similitudes opérationnelles et des enjeux géoéconomiques du canal de Suez et du détroit d’Ormuz, des passages stratégiques pour les flottes et le commerce international.

Indéniablement, la crise de Suez est pleine de leçons et fournit un cadre pour interpréter le comportement et les calculs stratégiques des protagonistes impliqués dans la guerre du détroit d’Ormuz, à travers ses impacts structurels internes et externes ; sur le plan intérieur, en Égypte, le président Gamal Abdel Nasser vit sa légitimité considérablement renforcée, consolidant son pouvoir, sa popularité et son influence dans le monde arabe ; inversement, au Royaume-Uni et en France, la crise provoqua une instabilité politique interne, entraînant la chute du cabinet d’Anthony Eden, accentuant également la fragilité de la Quatrième République et contribuant au retour de Charles de Gaulle sur la scène politique. À l’extérieur, c’est le déclin de l’influence des puissances européennes au Moyen-Orient, à la suite de la pression internationale des États-Unis et de l’Union Soviétique, qui força le Royaume-Uni et la France à se retirer de la zone du canal, une injonction qui accéléra la chute des empires coloniaux européens en Afrique et au Moyen-Orient. La crise de Suez avait entraîné de profonds bouleversements structurels, marqués par le déclin des puissances européennes au Moyen-Orient et l’émergence d’un nouvel ordre régional dominé par les États-Unis et l’Union Soviétique.

Le monde entier reste en haleine et scrute les efforts de médiation et les déclarations des belligérants tout en se demandant combien de temps le conflit durera. Car si la date du déclenchement d’une guerre est toujours connue avec précision, son issue reste fondamentalement imprévisible et hors de contrôle.

Y a-t-il une logique pour la terminaison des guerres ?

Les sorties de crise peuvent être pacifiques (accords négociés, compromis politiques) ou coercitives, lorsqu’elles résultent de la coercition, comme une victoire militaire, des sanctions, une intervention armée ou un changement de régime. Les premiers reposent sur le consentement des parties, tandis que les seconds sont imposés par la force, comme cela a été observé lors de la Seconde Guerre mondiale, au Kosovo en 1999, en Irak en 2003 ou en Afghanistan en 2001. Cependant, ces résultats décisifs sont moins fréquents de nos jours lorsque les forces engagées sont relativement équilibrées, ce qui réduit la probabilité d’une domination claire d’un camp sur l’autre, d’où la multiplication des conflits gelés

En général, les conflits dits «gelés» se caractérisent par l’absence d’un règlement politique durable malgré la fin des hostilités, ils persistent dans un état de latence, reflétant un équilibre instable d’intérêts divergents ; une sorte d’équilibre de Nash dans la théorie des jeux où chaque acteur préfère maintenir le statu quo plutôt que de risquer une escalade coûteuse et incertaine.

Dans certains cas, lorsque les belligérants sont proches de la parité de riposte, pour évaluer les scénarios possibles de fin à la crise, comme lors du conflit d’Hormuz en 2026, il faut aller au-delà d’une simple évaluation militaire (acquisition de territoire, destruction des infrastructures vitales et des capacités militaires) pour examiner l’environnement des décideurs.

À cet égard, une étude quantitative de 185 observations trimestrielles de plusieurs grands conflits (Iran-Irak, Russie-Ukraine, Israël-Iran/États-Unis) montre un résultat presque inattendu : les guerres ne prennent pas fin principalement à cause de l’épuisement économique des belligérants, mais lorsque la pression politique sur les dirigeants devient trop forte et intenable. Les résultats factuels montrent qu’une augmentation significative de cette pression augmente significativement la probabilité de la fin du conflit (HR = 4,2), bien que les variables économiques classiques telles que le taux de croissance ou les indices boursiers et financiers n’aient pas d’effet direct significatif, elles jouent un rôle de variables médiatrices qui augmentent ou diminuent l’impact du facteur de pression politique. (papier de l’auteur en cours)

Dans les démocraties occidentales, les problèmes économiques n’ont pas d’impact direct sur les décisions politiques, qui proviennent principalement de la pression de l’opinion publique et des acteurs politiques qui sont les transmetteurs des ondes causées par les problèmes économiques et les revendications de la société civile.

A lire également -  Moyen-Orient | Guerre : les routes du pétrole se redessinent au profit de l’Afrique

Concernant la guerre du Golfe et compte tenu de la résilience de l’Iran et de la quasi-parité de représailles qui retombent davantage sur nos frères du CCG (environ 90 % des missiles et drones sont tombés sur ces pays) ; La fin des hostilités dépendrait alors moins d’une victoire et d’une capitulation militaire que d’une pression politique croissante, qui pourrait pousser les décideurs à mettre fin aux hostilités, non pas pour des raisons militaires, mais pour des pressions politiques intérieures et un risque d’instabilité accrue (risque de changement de régime dû aux troubles de rue, de l’opinion publique, du parlement, des principaux centres économiques). Les facteurs culturels et la culture politique jouent également un rôle majeur dans la modération.

Les pays du CCG : quels nouveaux choix stratégiques

L’un des effets les plus frappants de la crise actuelle est le désenchantement croissant parmi les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La croyance dans le parapluiesécuritaire américain s’est quelque peu érodée certains cercles, tandis que la crédibilité de la Ligue arabe est de plus en plus remise en question. Parallèlement, la réactivité limitée de l’OCI a renforcé les doutes sur la capacité des organisations régionales à garantir la sécurité collective et la dissuasion, notamment en raison du système décisionnel fondé sur le consensus (je me souviens qu’une décision cruciale de la Ligue arabe soutenant l’intervention de l’ONU au Koweït en 1990 a été prise à la majorité des voix, et non par consensus).

De plus, certains accords de défense stratégique entre les pays du CCG et des membres influents de l’OCI sont restés non opérationnalisé en raison notamment de considérations géopolitiques. Plusieurs États pivots préférant maintenir une posture de neutralité et se positionner comme médiateurs.

Par ailleurs, certains États arabes et de l’OCI restent captifs des perceptions de leurs opinions publiques, dont certains considèrent le régime iranien comme « le sauveur » ; un contrepoids potentiel dans le contexte du règlement de la question palestinienne. Cependant, ces sentiments ne peuvent masquer l’obligation et le devoir de défendre et veiller à la stabilité politique et l’intégrité territoriale des autres États arabes, qui doit aller de pair avec le soutien à la cause palestinienne, pilier structurant de l’action conjointe arabe et islamique.

Cette dynamique sociale ne devrait pas donc conduire à l’approbation d’aventures guerrières susceptibles d’éroder la profondeur stratégique de l’Oumma, en particulier celles incarnées par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

– Dans ce contexte, les États du CCG pourraient devoir réévaluer leurs doctrines de sécurité et procéder progressivement à une réévaluation stratégique plus explicite de leurs alignements extérieurs et de leurs postures de défense, ainsi que de mener des réformes profondes de la Ligue arabe et de l’OCI.

En fait, les pays du CCG sont conscients des limites du système de sécurité collective entre les États arabes et le parapluie américain depuis l’administration Obama, c’est pourquoi ils ont opté pour des stratégies diversifiées visant à consolider et garantir leur sécurité ; cependant, si l’on suppose que la normalisation avec l’Iran est hypothétique et irréaliste, du moins à court terme,  suite à l’acharnement de l’Iran sur ces pays pacifistes, deux options stratégiques peuvent être considérées comme viables à long terme: premièrement, une stratégie de couverture rejetant l’alignement rigide des blocs au profit d’un multi-alignement positif, en établissant des relations équilibrées avec les puissances rivales (les États-Unis, les pays de l’Organisation de coopération de Shanghai et les BRICS) afin de préserver l’autonomie stratégique et la résilience interne,  et deuxièmement, approfondir l’intégration économique et politique, pouvant conduire à la transformation du CCG en une Union Confédérale dotée d’une force militaire commune et d’une politique étrangère et de défense unifiée ou harmonisée.

Réalignement stratégique : le pivot du CCG vers l’Est

Basé sur la théorie du triangle stratégique (Dittmer 1981 ; Wu Yu-shan 2023), notre analyse empirique confirme un changement de paradigme dans la politique étrangère du Golfe ; l’indice pivot du CCG est passé de +0,27 (2020-2022) à -0,29 (2025-2026), un changement qui indiquerait un déplacement vers l’Est et en particulier vers la Chine – tandis que l’indice de couverture asymétrique (AHI) est passé de 0,58 à 0,74, ce qui refléterait une stratégie d’approfondissement de la diversification économique parallèlement à la dépendance persistante vis-à-vis de la sécurité américaine, puisque la diversification des fournisseurs d’armes ne s’est pas traduite par une autonomie stratégique,  les ventes d’armes américaines dans le Golfe éclipsant encore celles de la Chine et de la Russie réunies.

Cette observation quantitative est corroborée par la pratique diplomatique : le Royaume d’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis sont déjà membres des BRICS et les six États du CCG ont obtenu le statut de partenaires du dialogue de l’Organisation de coopération de Shanghai (2023–2024), et ont participé au plus haut niveau au premier sommet ASEAN-Chine-CCG (Kuala Lumpur, mai 2025).  Ce mouvement vers l’EST a renforcé la coopération et l’intégration dans l’Initiative Ceinture et la Route, le système de règlement par compensation via les monnaies locales et la résilience des chaînes d’approvisionnement, tout franchissant un pas vers la conclusion d’un accord de libre-échange Sino-CCG.  

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Les indicateurs sus mentionnés suggèrent une stratégie hybride de survie : les monarchies du Golfe percevraient que la Chine et la Russie possèdent le levier économique pour modérer non seulement le rôle régional de l’Iran, mais aussi pour maintenir leur autonomie et réduire la dépendance envers l’Occident ; il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’un recalibrage progressif où les liens sécuritaires avec l’Occident restent parallèles à un approfondissement de la coopération économique et politique avec la Chine.

Cette approche représente un compromis et une version soft et réaliste du non-alignement, loin de la doxa restrictive des présidents Nasser, Nehru et Tito, qui exige l’absence de bases militaires étrangères notamment du NATO sur le sol des membres du Mouvement des non-alignés (les cinq principes de Belgrade en 1961).

Le fédéralisme pourrait-il renforcer la résilience et l’autonomie du CCG ?

Même si le fédéralisme semble difficile à atteindre pour plusieurs raisons, néanmoins dans certaines circonstances, les dirigeants peuvent s’aventurer à prendre des décisions créatives en formant des alliances inattendues lorsque les intérêts stratégiques comptent plus que les rivalités géopolitiques ou les différences idéologiques. Dans de telles situations, les dirigeants peuvent franchir le Rubicon lorsque les gains attendus dépassent les risques et les pertes, privilégiant les bénéfices pratiques plutôt que les contraintes.

À cet égard, il convient de rappeler qu’en 1984, feu le Roi Hassan II avait conclu un accord stratégique, considéré contre nature à l’époque, avec le président Mouammar Kadhafi, établissant l’Union arabo-africaine. Suite à cet accord, la Jamahiriya arabe libyenne avait arrêté son soutien aux milices du Polisario ; ce développement avait notamment contribué à une redistribution des cartes favorisant de plus en plus la domination marocaine.

Historiquement, les arrangements confédéraux ont souvent émergé dans des conditions de menaces extérieures (PanayotisSoldatos) ; l’ancienne Confédération suisse, les Provinces-Unies des Pays-Bas et la phase initiale de la Confédération américaine illustrent comment les entités souveraines coordonnaient la défense collective tout en préservant leur indépendance. 

Il convient de rappeler, d’ailleurs, que la création du Conseil de Coopération du Golfe a été motivée, entre autres, par les menaces émanant de la Révolution iranienne, qui a considérablement accru les préoccupations sécuritaires des monarchies sunnites (comme l’a souligné mon ancien collègue syrien Al Beik dans sa thèse), le moment actuel est idéal pour que les pays du CCG franchissent le Rubicon et établissent une confédération.

Une telle avancée vers la confédération représenterait un compromis équilibré et pragmatique : elle préserverait la pleine souveraineté des six États en tant que membres indépendants de l’ONU tout en leur permettant de mettre en commun leur politique extérieure et de défense et éventuellement de communaliser certaines ressources stratégiques. Ce faisant, elle renforcerait l’autonomie stratégique collective, permettant aux États du Golfe d’agir comme un bloc homogène, consolidant ainsi leur poids diplomatique et leur capacité de dissuasion.

Une transition vers une architecture confédérale ne représenterait donc pas une rupture, mais un approfondissement du processus initial d’intégration du CCG et du projet de sécurité collective, le Bouclier Al Jazeera.

Enfin, un tel cadre pourrait être conçu comme une architecture ouverte et adaptative – pour accueillir l’adhésion progressive d’autres États arabes qui entretiennent déjà des liens de sécurité substantiels avec le CCG et partagent des valeurs politiques et économiques identiques. Cette expansion progressive renforcerait la profondeur stratégique et l’influence diplomatique du CCG, le transformant potentiellement en une plateforme plus large pour la coordination politique et l’alignement sécuritaire à travers la région arabe.

La crise Hormoz : un tournant

La guerre dans le détroit d’Ormuz pourrait être le tournant décisif et une étape majeure dans la relocalisation des puissances et la structure future du système régional ou même international, suite à trois changements majeurs : Premièrement, la géoéconomie supplante la géopolitique traditionnelle : la logistique devient politique, et les États qui contrôlent les points d’étranglement (détroits, routes logistiques et corridors) renforceraient leur puissance et leur pouvoir de dissuasion ;  

Deuxièmement, les corridors alternatifs au détroit d’Ormuz seraient une arme géoéconomique, bénéfique et vitale sur le plan logistique et géopolitique pour les pays du Golfe et leurs partenaires afin d’assurer le transit deleurs exportations et importations afin de priver l’Iran de ce levier stratégique et de l’amener à changer sa politique étrangère envers ses voisins.

Troisièmement, en cas de parité de dissuasion, la pression politique intérieure et internationale serait le facteur déterminant pour mettre fin aux guerres, qui prendra fin lorsque la pression sur les dirigeants deviendra maximale et intenable, bien plus que l’épuisement économique.

Dans l’ensemble, le monde émergent n’est ni unipolaire ni bipolaire, mais multiplexe, où la Chine s’approche du piédestal du trône mondial, ou l’Europe s’affaiblit, la Russie devient plus résiliente et les pays du Golfe diversifient leurs alliances. Hormuz n’est pas seulement un détroit, c’est le laboratoire de ce nouveau monde qui émergera silencieusement, crise après crise.

A lire également : https://afrimag.net/tribune-detroits-sous-tension-carrefours-du-commerce-mondial-et-theatres-de-rivalites-strategiques-par-pr-el-hassane-hzaine/

Par La rédaction, Comité Éditorial - Casablanca
 Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ONU Moyen-Orient Cheick Mohammed ben Zayed Al Nahyane Donald Trump Mohammed Ben Salmane Mojtaba Khamenei Détroit d’Ormuz Geeconomie Guerre Géopolitique

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