Ceux qui ont suivi la longue interview du Chef de l’Etat sénégalais accordée samedi 2 mai à la chaîne de télévision publique (RTS) n’ont pas été déçus. Tout au long de son intervention et sur tous les thèmes abordés avec les journalistes, notamment sur les relations avec le FMI et l’amendement du Code électoral, le Président Bassirou Diomaye Faye continue de cultiver sa différence avec son encombrant Premier ministre, Ousmane Sonko. A Dakar, tous les observateurs attendent désormais le divorce officiel entre les deux têtes de l’Exécutif.
Un nouveau partenariat est espéré avec le Fonds monétaire international (FMI), annonce d’emblée le Président de la République en précisant que «les discussions sont toujours en cours.» Manière de dire qu’il n’y aura pas de rupture avec le Fonds comme l’espère son Premier ministre. «Les deux parties n’ont jamais cessé de travailler sur les contours d’un nouveau cadre de coopération, il n’y a pas de rupture avec le FMI», tranche le Président Diomaye Faye qui affirme ainsi son autorité. Pour lui, Dakar veut toujours un programme avec le FMI et «c’est pourquoi nous discutons pour finaliser ce programme », ajoute le chef de l’Etat. Il reste à convenir des conditions du partenariat.
Malgré l’absence du deal avec cette institution de Bretton Woods, Diomaye Faye considère que le pays maintient sa dynamique de développement. «Sans l’absence de ce nouveau programme avec le FMI, la trajectoire de croissance du pays reste solide», dit-il. Le déficit budgétaire a été divisé par deux passant de 12% à 6%. Des ressources sont investies dans l’agriculture. De plus, les prix de certaines denrées ont baissé, celui du carburant aussi, insiste le Président de la République qui ajoute que cela montre que «le pays est bien tenu.» Cependant il estime que la meilleure option est d’avoir un nouveau départ avec le FMI, une pique à son Premier ministre qui lui, est sur une position de diabolisation du Fonds. Il dit avoir espoir que «les choses pourraient bientôt rentrer dans l’ordre.» Les discussions continuent. Et ce que nous voulons, c’est qu’à terme, qu’on puisse avoir un programme avec le FMI. «Evidemment cela pourrait nous faciliter beaucoup de choses», concède le numéro 1 sénégalais.
Dans un contexte économique et financier difficile, il note qu’il est important d’avoir accès aux marchés internationaux, afin d’avoir des ressources concessionnelles et des taux d’emprunt assez bas.
Au passage le Chef de l’Etat promet d’assainir les impayés cumulés auprès des fournisseurs de l’Etat. Il a révélé que rien que pour les entreprises du BTP, le gouvernement doit régler 569 milliards de FCFA. Depuis juin 2024, le Sénégal n’a pas profité d’un décaissement du FMI alors qu’il attendait une enveloppe de 230 milliards de FCFA. La faute à une situation financière avec des agrégats macroéconomiques illisibles, selon le Fonds.
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