Le Sénégal a levé 364 milliards de francs CFA (644 millions de dollars) lors de sa deuxième émission publique d’obligations de 2025, dépassant son objectif initial de 300 milliards de francs CFA, a annoncé mardi 15 juillet le ministère des Finances dans un communiqué
L’émission, qui s’est déroulée du 19 juin au 8 juillet, a été organisée par CGF Bourse avec Société Générale Sénégal comme co-chef de file.
Le Sénégal est confronté à des inquiétudes croissantes concernant son niveau d’endettement, entraînant une décote de 25% de ses obligations internationales sur le marché secondaire depuis les révélations explosives sur la minoration du montant de sa dette extérieure, estimée par les analystes à 14 milliards de dollars. Cela a poussé son ratio dette/PIB à près de 120 %, ce qui en fait l’un des plus élevés du continent.
La signature du Sénégal reste crédible
Malgré les inquiétudes liées à la dette, la dernière émission obligataire de l’Etat sénégalais a été sursouscrite de 21,3 %, reflétant une forte demande des investisseurs nationaux et régionaux. Le ministère a attribué le succès de l’émission à «la confiance croissante des investisseurs dans les perspectives économiques du Sénégal.» Dans un contexte économique difficile, cette levée de fonds renforce la crédibilité de la signature financière du Sénégal, ajoute-il dans son communiqué.
Le produit de cette émission d’obligations soutiendra le redressement des finances publiques, les mesures de relance économique et contribuera à optimiser le service de la dette. Les titres sont également éligibles au refinancement, ce qui apportera des liquidités supplémentaires au secteur bancaire.
Le Sénégal, qui a commencé à produire du pétrole et du gaz l’année dernière, s’est de plus en plus tourné vers le marché régional de l’UEMOA pour répondre à ses besoins de financement dans un contexte de resserrement des conditions de crédit mondiales et de hausse des coûts du service de la dette.
Le ministère des Finances a par ailleurs révélé qu’il avait commencé à recalculer le produit intérieur brut du pays en utilisant une année de base mise à jour, une mesure qui pourrait entraîner une amélioration de ses indicateurs d’endettement, et qui a les airs d’une opération cosmétique.
Barclays a estimé dans une note publiée ce mercredi 16 juillet que l’exercice de rebasage pourrait augmenter le PIB nominal du Sénégal en 2024 de 15 à 25 %, ramenant le fardeau de la dette en dessous de 100 % du PIB.
Cette décision fait suite à la dégradation par S&P Global (Standard & Poor’s) de la note de crédit souveraine du Sénégal à B- assortie d’une perspective négative, servant d’avertissement d’une potentielle nouvelle dégradation, en raison des inquiétudes concernant le niveau d’endettement du pays.





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