Le Président de la transition militaire au Niger et Chef suprême des armées, Abdourahamane Tiani, sur le lieu de l’attaque visant la Base aérienne 101, pour constater les dégâts.
Au lendemain de violents affrontements près de l’aéroport international Diori Hamani, le président nigérien Abdourahamane Tiani pointe du doigt la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire, qu’il accuse d’avoir soutenu l’attaque. Des déclarations explosives qui ravivent les tensions diplomatiques et assombrissent les perspectives de sortie de crise.
Au lendemain d’une nuit marquée par des échanges de tirs et des explosions signalés aux abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le Président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, est monté au créneau. Jeudi 29 janvier 2025, il a nommément accusé les Présidents français, béninois et ivoirien d’avoir «parrainé» l’attaque, affirmant que les assaillants auraient bénéficié d’un appui politique extérieur.
Ces accusations, formulées sans détour, constituent l’une des prises de position les plus virulentes du régime militaire depuis son arrivée au pouvoir.
Un climat de défiance durable avec la CEDEAO
Cette sortie intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Niamey et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Plusieurs pays membres de l’organisation avaient soutenu les sanctions économiques et la pression diplomatique exercées contre le Niger après le renversement du Président élu Mohamed Bazoum.
Malgré des tentatives de médiation et des appels répétés à la reprise du dialogue au cours des derniers mois, les relations restent profondément dégradées. Les accusations formulées par le chef de l’État nigérien semblent désormais éloigner toute perspective d’apaisement à court terme.
Une économie fragilisée par l’isolement
Sur le plan économique, la situation demeure préoccupante. La fermeture de la frontière avec le Bénin continue de peser lourdement sur l’économie nigérienne. Avant la crise, près de 80 % du fret entrant transitait par le port de Cotonou. Depuis, les importations doivent emprunter des itinéraires plus longs et plus coûteux, entraînant une hausse significative des coûts de transport et des retards dans l’acheminement des marchandises.
Cette désorganisation logistique affecte directement les prix et l’approvisionnement sur le marché intérieur.
Un pivot stratégique vers Moscou
Depuis leur prise de pouvoir, les autorités de Niamey ont progressivement rompu leurs liens avec les puissances occidentales. En quête de nouveaux alliés, elles se sont tournées vers la Russie, sollicitant un appui militaire et financier dans leur lutte contre le terrorisme.
Ce repositionnement stratégique, assumé par la junte, redessine les équilibres régionaux et accentue l’isolement diplomatique du Niger sur la scène ouest-africaine, dans un contexte déjà marqué par une instabilité sécuritaire persistante.
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Communiqué de Presse du Collectif pour la défense du droit à l’énergie (CODDAE), relatif à l’attaque lâche et irresponsable sur la base militaire 101 et l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey
L’insécurité qui sévit dans la région du Sahel prend des proportions véritablement inquiétantes. Elle perturbe profondément la quiétude des laborieuses populations des campagnes comme des grandes villes. L’attaque lâche et irresponsable survenue dans la nuit du jeudi 29 janvier 2026 à l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey qui abrite les principales et stratégiques bases militaires, constitue à n’en point douter, le paroxysme d’une grave atteinte à l’intégrité territoriale du Niger et celle de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Moustapha Kadi Oumani, Président du CODDAE
En effet, cette action sponsorisée, qui relève d’une stratégie bien planifiée et codifiée, faite de terreur, d’angoisse, de désolation et d’usage de drones kamikazes, menée à bord de plusieurs motos aux environs de 00h00, avec armes lourdes, grenades et roquettes, est pour le CODDAE, inacceptable et inadmissible.
Les faits parlent d’eux-mêmes : l’un des objectifs de cette mission de sape est de mettre hors d’usage les centres de commandement militaire de l’Armée de l’Air Nigérienne, le quartier général de la Force unifiée de l’AES, le contingent des militaires russes de l’Africa Corps, le dispositif militaire de l’aéroport, ainsi que le fonctionnement normal de l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey, la capitale. Du coup, bloquer les opérations aériennes, neutraliser les moyens de surveillance aérienne et particulièrement le transport de l’uranium stocké à la base 101au cœur du bras de fer entre le Niger et la France.
Selon le communiqué officiel, l’attaque a occasionné des dégâts très importants sur des aéronefs de l’Armée de l’Air et des bâtiments militaires. En outre, cette attaque aveugle et destructrice a, entre autres, touché des installations civiles et des avions commerciaux (Asky, Air Côte d’Ivoire).
De plus, cette action cynique et malveillante intervient au moment où le litige Orano/Niger prend de l’ampleur. Par conséquent, plus que jamais, la gravité de cette attaque sans précèdent, impose aux autorités de l’AES la recherche desolutions collectives et concrètes pour ne peut pas plonger davantage nos laborieuses populations dans le doute et le désespoir.
Face à cette situation pour le moins incompréhensible, le CODDAE condamne fermement cette attaque ignoble et barbare tout en félicitant nos braves Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et leur hiérarchie qui veillent nuit et jour, afin que les terroristes ne transforment pas notre pays et la région du Sahel en une zone d’insécurité permanente.
Tout en sachant que le résultat est au bout de l’effort, le CODDAE demande au Président de la République, Chef de l’Etat et au Gouvernement de la Refondation, d’envisager, aussitôt, toutes les solutions susceptibles de ramener la sécurité et la quiétude sociale dans notre pays, le Niger et au-delà dans les pays de l’AES, pour que tous les efforts de leurs populations et leurs ressources naturelles et minières soient orientés vers le développement économique, afin d’atteindre la souveraineté et l’indépendance tant recherchées.
Enfin, le CODDAE appelle à une prise de conscience patriotique de tous les citoyens de l’espace communautaire AES de manière à contribuer efficacement à l’éradication des attaques terroristes et, apporte son soutien indéfectible aux gouvernements des pays membres de l’AES (Niger, Burkina et Mali).
Fait à Niamey, le 30 janvier 2026 Le Président Moustapha Kadi Oumani