Le ministre de l’Information de la Tanzanie, Jerry Silaa, a confirmé le blocage du réseau social X dans une déclaration à la chaîne de télévision publique, mercredi 4 juin. Comme par hasard, ce verrouillage intervient à quelques semaines des élections. Les restrictions d’accès à X décretées par le gouvernement tanzanien, ravivent les inquiétudes de la société civile qui redoute un recul des libertés à l’approche des eléctions générales
Les autorités ont défendu leur décision en accusant l’ex-Twitter de diffuser du «contenu sexuel explicite, y compris du contenu pornographique entre personnes de même sexe,» en violation des directives nationales d’éthique en vigueur. En réalité, l’objectif est de géner l’opposition à faire campagne.
L’annonce est intervenue alors que les limitations d’accès au réseau X étaient déjà largement en place. Le gouvernement a également lié cette suspension à une série de cyberattaques ayant compromis plusieurs comptes officiels- dont ceux de la police nationale et de l’administration fiscale- qui ont ensuite été utilisés pour diffuser des images pornographiques et de fausses informations, notamment une rumeur sur la mort de la présidente Samia Suluhu Hassan.
Le blocage de X s’inscrit dans une démarche plus large de contrôle des plateformes numériques, selon M. Silaa qui a reconnu que certains contenus sur YouTube avaient également été rendus inaccessibles, présentant ces mesures comme un moyen de « protéger les consommateurs.»
D’après le Centre juridique et des droits de l’homme (LHRC), une ONG tanzanienne, la non-disponibilité d’autres applications comme Clubhouse et Telegram suggère plutôt une stratégie plus vaste de filtrage d’Internet.
Cette manœuvre gouvernementale soulève des préoccupations majeures concernant la liberté d’expression et l’accès à l’information en Tanzanie. Le LHRC a qualifié l’action du ministre de « modèle inquiétant de répression numérique », rappelant un précédent où les plateformes de médias sociaux avaient connu une fermeture similaire lors des élections de 2020.
La présidente Samia Suluhu Hassan, qui se prépare à briguer un premier mandat électif après avoir succédé à John Magufuli en 2021, est accusée par ses détracteurs de dérives autoritaires.





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