L’agence de notation financière S&P Global Ratings a relevé vendredi 15 mai, la note de crédit souverain (Trésor) à long terme en devises étrangères et locales du Nigéria de « B- » à « B ». En parallèle, elle a confirmé son rating à court terme à « B » avec perspectives stables et salue les efforts d’assainissement du cadre macroéconomique réalisés par le gouvernement nigérian.
Les analystes de Standard & Poor’s assurent pouvoir relever la note souveraine du Nigéria au cours des 12 à 24 prochains mois « si les résultats budgétaires s’améliorent sensiblement, que ce soit grâce à une consolidation budgétaire ou à des recettes structurellement plus élevées, entraînant une baisse des coûts du service de la dette.» La notation serait également revue à la hausse si les réformes mises en œuvre réduisent les déséquilibres extérieurs du pays, notamment ses besoins de financement extérieur encore considérables, souligne le major américain de notation financière dans son communiqué.
Après trois années d’accélération de réformes structurelles, la solvabilité du Nigéria s’est améliorée, constate Standard & Poor’s dans son diagnostic. L’agence insiste particulièrement sur l’impact de la libéralisation du taux de change qui a facilité l’accès aux devises étrangères, renforcé la confiance des investisseurs et des consommateurs et stimulé la croissance du PIB hors pétrole.
Les recettes fiscales ont également progressé en pourcentage du PIB grâce aux réformes et à la centralisation accrue des transferts de revenus pétroliers vers l’Etat fédéral. Cette progression fait suite à la décision du chef de l’Etat visant à lutter contre la déperdition des recettes de l’Etat et qui avait enjoint la Nigerian National Petroleum Company de transférer une part plus importante de ses recettes au budget fédéral. Les résultats sont visibles sur les finances publiques, car ces rentrées d’argent au Trésor ont élargi des marges de manœuvre au gouvernement en baissant la part des recettes consacrées aux frais financiers de la dette.
Prévisions de croissance
Sur le plan macroéconomique, Standard & Poor’s prévoit une croissance du PIB réel par habitant de 1,4 % en moyenne annuelle jusqu’en 2029, soit une nette amélioration par rapport à la contraction de 1 % enregistrée au cours de la dernière décennie. Le PIB réel a progressé de 4 % en 2025, soutenu par une hausse de la production pétrolière (8,5 % en glissement annuel) et la poursuite de l’amélioration de l’économie hors pétrole avec une croissance de 3,9 %. Les analystes de S&P Ratings anticipent un léger ralentissement de l’activité en 2026, la résurgence de l’inflation risquant d’affaiblir le pouvoir d’achat des ménages dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. Cela dit, tempèrent-ils, « l’accent mis par le gouvernement sur l’exécution de son budget d’investissement pourrait soutenir la croissance » en limitant les effets de la guerre au Moyen-Orient. La poursuite des réformes, notamment les nouvelles mesures prises par la Banque centrale du Nigéria (CBN) en matière de ciblage de l’inflation, pourrait contribuer à une baisse de l’inflation et favoriser la consommation à long terme ainsi que les perspectives d’investissement.





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