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Télécoms : L’incroyable mue de l’opérateur émirati

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Etisalat, l’opérateur historique des Emirats arabes unis qui s’appelle désormais e&, affiche de très grandes ambitions avec son portefeuille de 160 millions de clients dans 16 pays au Moyen-Orient et en Afrique.

La maison-mère de Maroc Télécom veut se transformer en un conglomérat de la tech sur le modèle du géant japonais SoftBank comme son management l’a revendiqué récemment au Gitex, la grand-messe annuelle qui rassemble les géants de la tech à Dubaï.

Le terme “abonné” est désormais banni du vocable de e&

Ne dites surtout pas à e& qu’il a des «abonnés». Le mot est désormais banni dans le groupe. Pourtant, des abonnés, l’ex-Etisalat en a 160 millions, soit un peu moins de la moitié de Vodafone (323 millions) dont il est l’actionnaire de référence. En Afrique, ses rivaux sont le sud-africain MTN (272 millions) et le Français Orange (253 millions).

Depuis le début de l’année, e& parle uniquement de ses…«utilisateurs». Comme Facebook, YouTube, Google ou Tencent. Car, tout a changé chez l’ex-Etisalat. L’opérateur a changé de stratégie avec l’objectif de se diversifier au-delà des télécoms et devenir un géant de la tech à coups de milliards d’investissements. Alors que les grands opérateurs télécoms en Europe veulent que les plateformes comme Netflix paient pour utiliser leur bande passante, e&, lui, veut concurrencer les GAFA en s’immisçant dans la vie de ses clients, avec des services dans le paiement mobile, le divertissement, etc.

«Notre but, c’est de devenir un conglomérat de la tech», explique Masood Sharif Mahmood, le PDG d’Etisalat UAE, rapporte Les Echos. «Ces dernières années, les prix des forfaits ont baissé de 30 % alors que la consommation de données a progressé de 50 %. On ne va pas rester assis à pleurnicher. Avec notre base d’utilisateurs, nous pouvons créer la prochaine licorne du Moyen-Orient.» Certes, les opérateurs télécoms du monde entier cherchent à se diversifier pour ne pas être réduits à des simples «tuyaux» distribuant les services de plateformes en grande partie américaines. En Europe, de nombreux opérateurs ont même vendu une partie de leurs réseaux fixes et mobiles pour récupérer du cash et se concentrer sur les services. Mais peu d’opérateurs arrivent à véritablement pivoter, en témoignent en France les difficultés d’Orange dans la banque.

Avec l’Indien Jio, e& est au contraire l’un des rares opérateurs à avoir enclenché cette transformation. Pour cela, le groupe s’est réorganisé en quatre piliers : e& life (contenus, jeux vidéo et paiement mobile), e& international, e& entreprise (la partie B to B) et surtout e& capital, le fonds d’investissement doté de 250 millions de dollars. Du cash, le groupe en a. Il est d’ailleurs passé à l’offensive il y a six mois en achetant 57 % de StarzPlay Arabia, sorte de Netflix moyen-oriental (2 millions d’abonnés dans 19 pays), avant de dépenser 4,4 milliards de dollars pour détenir presque 10 % de Vodafone. Parallèlement, e& a lancé plusieurs produits maison comme GoChat, une appli de messagerie, et sa première collection de NFT. L’opérateur était déjà présent dans le paiement mobile avec son portefeuille e& money qui offrira bientôt des services d’assurance et de transfert d’argent à l’international. Un partenariat stratégique avec Meta a également été signé.

Si e& réussit sa transformation, son exemple sera suivi de près en Europe. Mais le modèle est difficilement transposable ailleurs. L’opérateur est détenu à 60 % par le fonds souverain des Emirats, un gage de stabilité pour emprunter sur des marchés très volatils actuellement. Et malgré une dette presque multipliée par 2 en un an (11 milliards d’euros au deuxième trimestre) et un cours de Bourse en baisse (–18 % sur le dernier mois), le groupe est valorisé 10 fois son Ebitda.

 

 

 

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