Le salon du Bourget vient de se terminer sous une avalanche de commandes d’appareils civils, quand aux militaires très largement représentés dans cette manifestation, ils se montrent très discrets sur leurs relations commerciales. Je retiens deux évolutions qui représenteront peut-être une vraie révolution.

Parlons d’abord du transport de proximité qui voit arriver sur le marché un nombre important de fabricants des fameux eVTOLs ( Electric Vertical Take Off an Landing) autrement dit les nouveaux taxis volants dont le mérite essentiel est de fonctionner à l’électricité, et par conséquent de produire peu de bruit. Bien entendu, comme dans tout début d’une nouvelle activité, beaucoup de constructeurs se lancent dans le marché avec des idées plus originales les unes que les autres. C’est ainsi que l’on voit réapparaître la voiture volante développée par une «start up» tchèque. J’ai noté 31 projets développés chacun par une société créée pour l’occasion. Certes tout le monde tâtonne encore, comme d’ailleurs lorsque les premières voitures à moteur sont apparues. Les formes vont forcément se simplifier, les moteurs électriques devenir plus puissants et les hélices plus efficaces. Mais ce que n’était qu’un rêve lointain il n’y a pas si longtemps, est en train de devenir une réalité.
L’affaire est jugée suffisamment sérieuse pour que le gros fabricant de voitures européen Stellantis qui regroupe faut-il le rappeler 15 marques très connues dont Citroën, Chrysler, Fiat, Opel ou Peugeot, ait décidé de prendre une participation de 150 millions d’euros dans la société californienne Archer dont le premier modèle, le Midnight a été pré-acheté à 100 exemplaires par United Airlines qui a versé 100 millions de dollars pour cela. Le Midnight n’entrera pas en vols commerciaux avant 2025, mais d’ores et déjà Stellantis s’est positionné pour en assurer la totalité de la fabrication.

Reste à savoir à quoi et à qui vont servir ces nouvelles machines volantes. On voit bien que les Américains les destinent essentiellement à assurer des liaisons entre les aéroports et le centre des villes où d’ailleurs il est facile de trouver des plateformes pouvant les accueillir. Ce n’est pas le cas en Europe et à Paris, par exemple, il est prévu d’utiliser l’actuel héliport mais également une barge sur la Seine lors du début des opérations espéré pour les Jeux Olympiques de 2024. Par contre pour nombre de pays, ce nouveau moyen de transport pourrait être très bien employé pour désenclaver les petites et moyennes villes en utilisant tout bonnement les terrains de sport largement sous employés en semaine. Ce qui était refusé aux hélicoptères pour d’obscures raisons pourrait bien être autorisé pour ces engins à propulsion électrique, pilotés ou non. Il faudra néanmoins repenser la gestion de l’espace aérien près du sol et en zone urbaine. Voilà un beau sujet de réflexion et d’action pour les contrôleurs aériens.
A l’autre bout du spectre, Airbus annonce l’arrivée prochaine sur le marché du A 321 XLR pour Extra Long Range. Cet appareil aura un rayon d’action de 4.700 nm soit 8.700 km, et consommera 30% de moins au siège que les modèles les plus performants actuels. Il pourra transporter ainsi autour de 200 passagers sur la plupart des liaisons aériennes actuelles. Le premier vol s’est déroulé le 15 juin 2022, la certification de l’appareil est en cours pour une mise en service dès 2024. Voilà qui va donner de nouvelles possibilités aux compagnies aériennes qui ont besoin d’un modèle de moyenne capacité mais de grande efficacité pour limiter leur risque.
Se pose alors la question de l’utilité future des méga hubs dont un certain nombre sont soit en opération comme Istanbul ou Pékin, soit en construction comme le Dubaï World Central ou même le nouveau projet à Varsovie. A partir du moment ou des flux de moyenne importance pourront être servis avec des appareils performants, pourquoi les opérateurs perdraient-ils les avantages économiques et commerciaux de vols directs entre les aéroports de taille beaucoup plus petite mais beaucoup plus faciles à opérer pour aller se connecter avec d’autres de même taille dans les très grandes plateformes ?
Voilà posé aux deux extrémités du transport aérien deux nouvelles possibilités. Cela va-t-il constituer une simple évolution ou la nécessité de repenser à la fois les aspects opérationnels, mais également les sujets reliés à l’économie et au confort des clients. Il semble bien que le public ait fini par accepter très facilement une très forte augmentation des tarifs sur laquelle aucun dirigeant de compagnie et aucun professionnel du «Yield Management» n’aurait parié. Le transport aérien a toujours fait la preuve de sa capacité à se renouveler. C’est peut-être bien ce qui est en train d’arriver.

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![Édito | L’indispensable aviation régionale [Par Jean-Louis Baroux] Néanmoins, en dépit de toutes ces difficultés, il existe de vraies réussites avec des entrepreneurs professionnels et conscients que les rêves de grandeur ne sont pas compatibles avec cette activité. IL existe dans tous les continents des compagnies dites de «troisième niveau», terme qui devrait être modifié car un peu dévalorisant, et qui sont économiquement prospères. Que ce soit au Gabon ou Afrijet construit avec constance un réseau à base d’ATR 42 ou au Kenya où les lodges ne peuvent être atteints qu’avec des appareils de petite capacité comme les Cessna Caravan largement employés dans d’autres pays africains ou dans les pays asiatiques composés de myriades d’îles accessibles certes en bateau mais dont les dessertes aériennes restent indispensables.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2024/10/Afrijet--450x225.jpg)

