Au cours de son premier mandat, Donald TRUMP n’avait pas vraiment manifesté un quelconque intérêt pour le continent africain. Certes en ne remettant pas en cause l’Agence d’Aide au Développement Américaine /USAID / et en maintenant son budget il s’inscrivait dans la continuité de plusieurs décennies d’aide américaine au développement du continent

Senior- Fellow PCNS/Rabat.
A peine de retour à la Maison-Blanche cela va changer, en décidant de réduire drastiquement la part de budget de l’USAID destinée à l’Afrique . Mais le pire reste sans doute à venir, avec une prochaine échéance critique : celle de l’AGOA /Africain Growth and Opportunity Act/. Accord qui permet à certains pays d’Afrique sub-saharienne d’exporter 1800 produits ,sans droits de douane, vers les Etats-Unis. En 2023 ces échanges entre les pays bénéficiaires de cet accord et les Etats-Unis avaient atteint huit milliards de dollars. Même si avec Donald Trump vérité d’un jour n’est pas nécessairement vérité de demain, tout laisse penser que cet accord ne sera pas renouvelé en l’état.
L’inquiétant travel-ban
Un clignotant particulièrement préoccupant pour le continent celui du «travel-ban,»interdisant aux ressortissants d’un pays, totalement ou partiellement, l’accès aux Etats -Unis. Après avoir annoncé que les ressortissants de dix pays du continent étaient désormais totalement /7/, ou partiellement /3/ «persona non grata aux Etats-Unis, l’administration américaine envisage aujourd’hui de les étendre à 25 autres pays africains. Selon le «Washington post,» généralement bien informé cela concernerait les pays suivants :
“Angola, Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Libéria, Malawi, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Soudan du Sud, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe.”
Dans cette liste, on troupe les pays les plus peuplées /Nigeria, Egypte, Ethiopie / et les pays les plus modestes sur le plan démographique/ Sao-Tomé et Principe et Gabon / ; les pays les plus pauvres comme le Niger ou le Libéria ; des pays de la CEDEAO/ Sénégal, Ghana, Bénin Côte d’Ivoire, Nigeria/, mais aussi des pays d’Afrique centrale/ Cameroun, Gabon / etc.
Espérer reconduire l’AGOA en l’état
Tout cela n’est bien sûr pas de bon augure concernant les droits de douane que Donald Trump compte définitivement imposer aux exportations africaines. Depuis avril 2025, l’administration américaine leur impose de nouvelles taxes, variant selon les pays et les secteurs concernés. Aujourd’hui, ces taxes sont de 10 à 50% selon les pays concernés : 50 % pour le Lesotho et son textile, 30% pour l’Afrique du Sud, 21 % pour la Côte d’Ivoire, 14 % pour le Nigeria, 11% pour la RDC etc., avec un régime plancher de 10% .
C’est pourquoi le continent africain a, plus que jamais besoin de la reconduction en l’état de l’accord commercial de l’AGOA qui permet d’exporter vers les Etats-Unis 1800 produits africains, sans droits de de douane et sans obligations de réciprocité. Ces nouveaux tarifs douaniers vont naturellement peser lors du renouvellement de cet accord commercial, prévu pour la fin de l’année 2025. Et ce n’est pas être particulièrement pessimiste que de conclure, pour les raisons rappelées que cette renégociation ne se présentera pas sur les meilleurs auspices.
* Henri-Louis Vedié
Senior- Fellow PCNS/Rabat.




![Tribune | Trump et l’Afrique : de l’indifférence à la sanction [Par * Henri-Louis Vedie] A peine de retour à la Maison-Blanche cela va changer, en décidant de réduire drastiquement la part de budget de l’USAID destinée à l’Afrique . Mais le pire reste sans doute à venir, avec une prochaine échéance critique : celle de l’AGOA /Africain Growth and Opportunity Act/.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2025/06/Cyril-Ramaphosa-recu-par-Donald-Trump.-Lindustrie-sud-africaine-en-general-le-secteur-de-lautomobile-en-particulier-dans-la-ligne-de-mire-du-president-americain-.jpg)






