La crise politique au sommet de l’Etat tunisien se déteint visiblement dans la compagnie Tunisair, déjà très mal en point à cause de la situation économique du pays. On assiste depuis quelques mois à une véritable valse des patrons de ce pavillon national. La dernière PDG de la compagnie vient d’être démise de ses fonctions ce lundi 22 février.
Olfa Hamdi, nommée le 6 janvier dernier n’aura passé qu’un mois et demi à la tête de Tunisair. Elle devient ainsi, la troisième PDG à avoir occupé ce poste depuis juillet 2020, lequel poste attend la nomination d’un quatrième dans les heures à venir.
En effet, en juillet 2020, alors que Tunisair fait face à une sévère crise financière, Elyes Mnakbi est brutalement limogé par son ministre des Transports. Dans la foulée, Belgasem Taaya est nommé par intérim à la tête de Tunisair. C’est dire que le poste de PDG de cette compagnie aérienne est un véritable siège éjectable.
Il y avait quelques espoirs de voir Olfa Hamdi apporté du sang neuf à la tête de Tunisair, cependant, il semble que son inexpérience ait joué en sa défaveur, mais la situation financière très délicate de la société et les relations tumultueuses avec les syndicats ne l’ont pas non plus aidée. De plus, le ministère tunisien des Transports lui reproche un manque de collaboration et d’avoir manqué à son devoir de réserve. En effet, très proche de certains diplomates, elle a peut-être irrité sa tutelle en publiant, la semaine dernière, des photos de sa rencontre avec l’ambassadeur des Etats-Unis alors que la compagnie est en pleine crise.
En effet, Tunisair souffre d’un manque d’investissements, de lourdes dettes, et d’un nombre excessif de salariés avec environ 7.800 employés pour une flotte de moins de 30 avions, dont seulement six à huit sont actuellement opérationnels, selon le ministère des Transports.
La situation est d’autant inquiétante que l’opérateur turc TAV qui gère notamment l’aéroport de Hammamet a obtenu le blocage des comptes de la compagnie en raison de la lourde ardoise qu’elle traine.





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