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Le mouvement est une des caractéristiques du transport aérien, et c’est bien normal. Mais depuis le début de 2026, on sent frémir des évolutions qui risquent d’avoir un impact durable sur ce secteur d’activité. En dépit des difficultés actuelles, dont on espère qu’elles seront vite derrière nous, la tendance semble bien être vers une amélioration de la qualité de service alliée à une augmentation généralisée des tarifs.
Le secteur aérien traverse des turbulences à répétition. Dernièrement, le 02 mai exactement, la compagnie Spirit Airlines une des principales «low costs» américaines a déposé son bilan et arrête tous ses vols. Pourtant il ne s’agit pas d’un petit opérateur. Il a transporté jusqu’à 44 millions de passagers en 2024, réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 5 milliards de dollars avec une flotte aux alentours de 200 appareils. On comprend difficilement qu’une telle compagnie n’ait pas pu résister à la montée des prix du pétrole, surtout aux Etats Unis, beaucoup moins frappés de pénurie que la plupart des autres pays du Globe.
Alors qu’un peu partout dans le monde, les compagnies aériennes en arrivent à réduire la voilure de leur trafic afin de ne pas voler à perte face à la flambée des cours du kérosène, Abuja a décidé de plafonner les prix de ce carburant utilisé par l’aviation. Le carburant d'aviation devrait se vendre entre 1.760 et 1.988 nairas (1,29 à 1,46 dollar) le litre à Lagos, et entre 1.809 et 2.037 nairas à Abuja, sur la base des prix de référence du 17 au 23 avril.
Par temps calme, le transport aérien s’est très bien accommodé du fameux « Yield Management » dont l’objectif est de maximiser les recettes de chaque vol en faisant varier les tarifs au jour le jour si ce n’est à la minute. Certes il comporte des excès que nous avons souvent dénoncés, mais reconnaissons que, dans l’ensemble ce concept a permis de faire voyager de nouvelles couches de clientèles, de remplir les vols, parfois trop, et d’assurer une meilleure rentabilité aux transporteurs. Mais lorsque la géopolitique amène de fortes perturbations, le même outil se retourne contre ses utilisateurs.
Ça bouge dans le transport aérien dans la zone des «hubs» internationaux qui va de la Turquie à l’Inde. De nombreux changements se sont déroulés directement à la tête de de certaines compagnies et non des moindres.
On s’y était trop habitués. La pression du public, une concurrence effrénée entre les transporteurs, les formidables avancées technologiques, l’arrivée en force des « low costs » et le trop fameux « yield management » ont entraîné une baisse quasi constante des tarifs aériens surtout à partir du milieu des années 1990. Et on s’y était habitué à tel point qu’il était impossible d’imaginer les prix que payaient les passagers dans les années 1970 qui ont vu l’apparition du transport de masse avec l’arrivée des très gros porteurs. Eh bien, cette époque est révolue au moins pour un certain nombre d’années
Les résultats financiers de 2025 sont en train de tomber et ils donnent une bonne idée de l’évolution du secteur. Les compagnies aériennes européennes se tirent à leur avantage de cette dernière année alors que les géants américains restent un peu à la peine. Au total l’année 2025 n’aura pas été si mauvaise, aidée en cela par un coût du pétrole resté raisonnable autour des 67 dollars le baril en moyenne. Rappelons que, en 2010, les analystes l’attendaient à 200 dollars ! Comme quoi, faire des prévisions surtout à long terme reste un exercice périlleux
Si un continent a bien besoin du transport aérien, c’est bien l’Afrique. Les distances à parcourir sont importantes et les infrastructures au sol relativement faibles et souvent en mauvais état. Raison supplémentaire pour les aspects sécuritaires car ce continent est encore traversé par de nombreuses luttes intestines. J’ajouterai que le taux de croissance africain est l’un des plus élevés au monde et que sa population très jeune est avide de progrès. Bref, tout se conjugue pour que le transport aérien y trouve une place comme nulle autre part ailleurs dans le monde
Le management de la plus grande compagnie aérienne du Continent a révélé mardi 10 février lors d’une conférence de presse que son chiffre d'affaires du premier semestre (du 8 juillet 2025 au 7 janvier 2026) avait augmenté de 14 % par rapport à la même période de l’exercice précédent, grâce à l'introduction de nouvelles destinations, à l'augmentation du nombre de vols et à l'extension de sa flotte par l’acquisition de sept nouveaux avions.
Le cap des 5 milliards de passagers sera dépassé en 2026. Pour atteindre ce niveau exceptionnel, il ne faut pas moins de 28.000 appareils en service pour desservir un peu plus de 4.000 aéroports dans le monde. Ce volume de trafic commence à poser de sérieux problèmes.
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![Édito | Ça bouge dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Le meilleur exemple est encore fourni par Emirates. Elle vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 / 2026 qui s’est terminé au 31 mars de cette année. Les résultats sont impressionnants. Bien que le nombre de passagers soit en diminution de 1% avec 53,2 millions de passagers tout de même, le chiffre d’affaires progresse de 2% à 35,7 milliards de dollars et surtout le profit net atteint un niveau jamais égalé de 5,4 milliards de dollars.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Djara-450x221.jpg)
![Édito | L’épine dans le pied du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Il est fort possible que ses pratiques tarifaires, à la limite de la légalité, destinées à attirer une clientèle friande de prix cassés ait été la cause principale de sa faillite, d’autant plus que des plaintes à répétition avaient été enregistrées auprès des autorités de l’Aviation Civile américaine.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Spirit-Airlines--450x253.jpg)

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![Édito | Changements en série à la tête des compagnies aériennes [Par Jean-Louis Baroux] Cela a commencé en décembre 2025 par le remplacement surprise du Président de Qatar Airways, le fameux Al Baker, par le patron de l'aéroport international Hamad (HIA), Hamad Ali Al-Khaler. On ne sait pas quelles raisons ont poussé à la démission forcée de celui qui avait fait de Qatar Airways un acteur majeur non seulement dans sa zone, mais bien dans le monde entier.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/04/Hamad-Ali--450x253.webp)
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![Édito | Résultats financiers du secteur : changement de stratégie dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Les géants américains montrent quelques signes de faiblesse. Le résultat net de Delta Air Lines est en baisse de 5% à 3,8 milliards de dollars tout de même, celui de United Airlines est annoncé en hausse de 6%, mais American Airlines voit le sien s’effondrer de 87% à seulement 111 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 54 milliards de dollars, soit le double de celui du groupe Air France/KLM.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Lufthansa--450x210.jpg)
![Édito | Aérien : le réveil de l’Afrique [Par Jean-Louis Baroux] Et pourtant, ce secteur d’activité est encore loin de sa maturité. Les causes en sont multiples. D’abord la résistance des Etats à l’ouverture de leur espace aérien afin de protéger leur compagnie nationale. Les conventions signées ne sont pas respectées en dépit des déclarations triomphales qui marquent la fin des réunions. Ensuite un manque flagrant de capitaux. Le transport aérien est un gros demandeur de fonds propres et les Etats, pour la plupart propriétaires de leur transporteur national freinent pour financer les équipements. Et puis il faut bien mentionner la corruption qui règne dans nombre de pays ce qui limite l’accès de l’argent au bon endroit.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Ethiopian-Airlines-1-1-450x233.jpg)

![Édito | Aérien : l’impasse [Par Jean-Louis Baroux] D’abord il faut disposer de l’espace aérien en particulier dans les zones très denses comme les Etats Unis ou l’Europe. Ensuite il faut bien admettre que le transport aérien est source d’émission de CO², même s’il ne représente que moins de 3% des émissions. Enfin il faut tenir compte de l’attitude des populations riveraines des grands aéroports qui supportent de plus en plus mal le survol des appareils même si ceux-ci font de moins en moins de bruit.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Al-Maktoum-450x238.jpg)
