C’est un gros poisson que vient d’attraper la justice tunisienne. Rached Ghannouchi, 81 ans, président d’Ennahdha, le parti islamiste tunisien, a été arrêté hier lundi chez lui pendant la rupture du jeûne. Il a été conduit à la caserne d’El Aouina (Tunis), sur instruction du ministère public, relevant du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.
L’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (Parlement) devrait être interrogé sur le contenu d’une vidéo qui a fuité sur les réseaux sociaux, dans laquelle il évoquait le risque d’une guerre civile en Tunisie, «en cas d’élimination de toute composante politique», rapportent les médias tunisois. Le vieux leader des islamistes tunisiens y aurait indiqué qu’écarter l’islam politique de la scène politique est un projet de guerre civile, d’après la station de radio privée Mosaïque FM.
L’ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalam, a confirmé, dans un message publié sur son compte Facebook, que le chef du mouvement Ennahdha a été arrêté et conduit à la caserne de la Garde nationale, au nord de la capitale, Tunis, après la perquisition de son domicile.
Cependant, aucun commentaire n’a été émis de la part des autorités à ce sujet.
Le mouvement Ennahdha a fermement condamné ce qu’il qualifie «d’évolution très dangereuse», dans un communiqué publié hier lundi soir, appelant à «la libération immédiate de Rached Ghannouchi et à la cessation de la répression des militants politiques et des opposants». Le parti islamiste accusé par les autorités de flirter avec des groupes terroristes, a en outre appelé «toutes les voix libres à s’unir contre ces pratiques répressives violant les droits et les libertés et l’honneur des opposants.»
Depuis le 11 février, les autorités tunisiennes mènent une vaste campagne d’arrestations contre des dirigeants de partis, des hommes d’affaires et des activistes, les accusant notamment, de conspiration contre la sûreté de l’Etat. A Tunis, les milieux politiques ont toujours cru que le pouvoir n’oserait pas s’en prendre au vieux leader islamiste par crainte d’embraser une situation sociale déjà tendue.


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