Même Eric Zemmour de l’extrême droite la plus dure en France, voire les extrémistes danois ou néerlandais, n’auraient osé les propos orduriers que vient de tenir le chef de l’Etat tunisien lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale mardi 21 février, au sujet de «hordes des migrants clandestins» en provenance d’Afrique subsaharienne, qui, selon lui, seraient «source de violence, de crimes et d’actes inacceptables», insistant sur «la nécessité de mettre rapidement fin» à cette immigration. Et apparemment de tous les malheurs économiques de la Tunisie.
On savait que le racisme anti noir était socialement très ancré au Maghreb, mais jamais un dirigeant ou un responsable politique de la sous-région ne s’était lancé dans une telle diatribe raciste envers les «Africains». Dans le communiqué diffusé par la Présidence, Tunis assume pleinement ce discours raciste : Kaïs Saïed a présidé une réunion du Conseil de sécurité «consacrée aux mesures urgentes qui doivent être prises pour faire face à l’arrivée en Tunisie d’un grand nombre de migrants en provenance d’Afrique subsaharienne». Lors de cette réunion, le dictateur tunisien a utilisé des expressions méprisantes du genre «hordes des migrants clandestins» faisant allusion au «Grand remplacement» si chère à l’extrême droite européenne. Car pour le potentat de Tunis, cette immigration clandestine des Africains est «une entreprise criminelle pour changer la composition démographique de la Tunisie», afin de la transformer en un pays «africain (ndlr : sous-entendu, peuplé de Noirs) et estomper son caractère arabo-musulman». Reste à espérer que les capitales africaines réagiront à ce discours ouvertement raciste et tous ces soi-disant panafricanistes qui s’en prennent à la France sur les plateaux de télévision et dans les réseaux sociaux.
Cette charge de Kaïs Saïed contre les migrants subsahariens survient quelques jours après qu’une vingtaine d’ONG tunisiennes ont dénoncé jeudi la montée d’un « discours haineux » et du racisme à leur égard. Selon ces organisations « l’État tunisien fait la sourde oreille sur la montée du discours haineux et raciste sur les réseaux sociaux et dans certains médias ». Ce discours « est même porté par certains partis politiques, qui mènent des actions de propagande sur le terrain, facilitées par les autorités régionales », ont-elles ajouté.
Dénonçant « les violations des droits humains » dont sont victimes les migrants, les ONG ont appelé les autorités tunisiennes «à lutter contre les discours de haine, la discrimination et le racisme envers eux et à intervenir en cas d’urgence pour garantir la dignité et les droits des migrants ».





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