Un rapport de KPMG révèle une accélération spectaculaire des investissements en intelligence artificielle sur le continent africain. Entre ambition technologique, formation des talents et regain de confiance économique, les dirigeants d’entreprise affichent une volonté affirmée de transformer leurs organisations.
Les dirigeants d’entreprise africains s’imposent parmi les plus offensifs au monde en matière d’intelligence artificielle. Selon le rapport «KPMG 2025 Africa CEO Outlook,»publié le 13 novembre, 26 % des PDG du continent prévoient d’allouer plus de 20 % de leur budget d’investissement à l’IA dans les douze prochains mois, soit presque le double de la moyenne mondiale (14 %).
L’étude, menée auprès de 130 chefs d’entreprise d’Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest, reflète un tournant stratégique : 41 % des dirigeants placent désormais l’intégration de l’IA dans les flux de travail au deuxième rang de leurs priorités, juste derrière la cybersécurité (45 %). Une manière de sécuriser le présent tout en construisant les leviers de croissance de demain.
Les talents, clé de voûte de la transformation numérique
Au-delà des investissements technologiques, les PDG africains misent fortement sur le capital humain. 81 % estiment que la formation de leurs équipes à l’IA sera déterminante pour la réussite de leur entreprise dans les trois ans à venir, un taux supérieur à la moyenne mondiale (77 %).
Seuls 64 % redoutent une concurrence accrue autour des talents, contre 70 % au niveau global. Cette tendance traduit un choix stratégique clair : développer les compétences en interne, plutôt que s’engager dans une course effrénée au recrutement externe.
Les dirigeants restent toutefois conscients des défis humains que pose l’IA : 52 % s’inquiètent de son impact sur la culture d’entreprise, et 36 % pointent la résistance au changement.
Un regain de confiance économique progressif
Si l’enthousiasme technologique est manifeste, la confiance macroéconomique demeure plus mesurée. 53 % des PDG africains se disent confiants dans la croissance mondiale à trois ans, contre 68 % à l’échelle internationale.
En revanche, la perception de la dynamique nationale s’améliore : 63 % expriment leur confiance dans la croissance de leur économie, en hausse par rapport aux 61 % de 2024.
Un optimisme fort au niveau des entreprises
À l’échelle de leur propre organisation, les dirigeants africains affichent un optimisme robuste. 78 % se disent confiants dans les perspectives de croissance de leur entreprise, un bond significatif par rapport aux 64 % enregistrés en 2024, et quasiment au niveau de la moyenne mondiale (79 %).
Cet état d’esprit se traduit concrètement : 86 % des PDG comptent réaliser des acquisitions dans les trois ans, révélant une appétence croissante pour l’expansion et les partenariats stratégiques. Parallèlement, 88 % prévoient d’augmenter leurs effectifs, signe d’un environnement entrepreneurial orienté vers la croissance.
Des stratégies de croissance en pleine réinvention
Face aux mutations économiques et technologiques, les entreprises africaines adaptent leurs plans d’action. 69 % ont déjà repensé leurs stratégies de croissance, tandis que les 31 % restants prévoient de le faire dans les trois prochaines années.
Le message des dirigeants est clair : l’Afrique veut prendre part à la transformation mondiale de l’économie numérique — et elle s’y prépare activement.











