Le géant français des hydrocarbures veut renforcer son empreinte en Angola. TotalEnergies prévoit d’investir, avec ses partenaires, près de 10 milliards de dollars d’ici à 2031, entre développement de nouveaux gisements, prolongation des actifs existants et relance de l’exploration offshore. Une offensive qui accompagne l’ambition de Luanda de maintenir sa production au-dessus du million de barils par jour.
L’annonce a été faite le 9 septembre à Luanda par Patrick Pouyanné, directeur général de TotalEnergies, lors d’une conférence consacrée au secteur pétrolier angolais. Premier opérateur du pays, le groupe français y produit actuellement quelque 450 000 barils par jour.
Au cœur de ce programme figure Kaminho, un projet en eaux profondes évalué à environ 6 milliards de dollars. Situé à une centaine de kilomètres des côtes, sur le bloc 20/11 du bassin de Kwanza, il doit permettre de développer les gisements de Cameia et Golfinho, à près de 1 700 mètres de profondeur. TotalEnergies détient 40 % du projet, à égalité avec Petronas, tandis que Sonangol en contrôle 20 %.
La décision finale d’investissement a été prise en 2024. Le projet prévoit notamment la conversion d’un très grand pétrolier en unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), raccordée à un réseau sous-marin. Son démarrage est attendu en 2028, avec une production pouvant atteindre 70 000 barils par jour au plateau.
Un nouveau front offshore
Kaminho sera le septième FPSO opéré par TotalEnergies en Angola et surtout le premier grand développement en eaux profondes dans le bassin de Kwanza. Au-delà des volumes supplémentaires attendus, le projet doit contribuer à ouvrir un nouveau front pétrolier, alors que l’essentiel des infrastructures offshore est historiquement concentré dans le bassin du Congo inférieur.
En parallèle, le groupe français entend consolider ses actifs existants. Les projets Begonia et CLOV Phase 3, mis en production en juillet 2025, ont déjà apporté une capacité cumulée de 60 000 barils par jour. La feuille de route mise désormais sur la prolongation de la durée de vie des champs matures, de nouveaux forages, l’amélioration des taux de récupération et le raccordement rapide de petites découvertes aux infrastructures existantes.
L’exploration devrait également monter en puissance. Patrick Pouyanné a annoncé de nouvelles licences offshore sur les blocs 17 et 32, en partenariat avec ExxonMobil. Une manière, pour TotalEnergies, de sécuriser ses réserves tout en préparant la prochaine génération de projets angolais.
Luanda veut changer de braquet
Cette offensive intervient alors que le gouvernement angolais cherche à franchir un nouveau cap. Après avoir stabilisé sa production autour d’1 million de barils par jour, Luanda veut désormais faire de ce niveau un plancher plutôt qu’un objectif.
Le ministère des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz appelle ainsi les compagnies à intensifier leurs investissements, à développer de nouveaux blocs et à renforcer le recours aux entreprises locales de services pétroliers. Plusieurs réformes ont déjà été engagées pour restaurer l’attractivité du secteur amont : révision du cadre fiscal et réglementaire, facilitation des négociations directes sur certains blocs et adoption, en 2024, d’un mécanisme de production incrémentale.
Celui-ci vise notamment à encourager le redéveloppement des gisements matures, la reprise des campagnes de forage, la réouverture de puits et le déploiement de technologies destinées à améliorer la récupération des hydrocarbures.
Avec sa stratégie hydrocarbures 2025-2050, Luanda affiche désormais une ambition claire : maintenir la production au-dessus du million de barils par jour jusqu’en 2030, avant de viser 1,2 million de barils par jour entre 2031 et 2040. TotalEnergies entend manifestement être au rendez-vous.





Angola



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