Une délégation de l’Union africaine (UA) séjourne à Dakar du 19 au 22 août 2026 pour échanger avec des think tanks africains sur leur rôle dans la production de connaissances, l’élaboration des politiques publiques et la mise en œuvre de l’Agenda 2063.
La visite s’inscrit dans le démarrage de l’African Think Tank Platform (ATTP), une initiative quinquennale lancée en mai 2026 et dotée d’un financement de 50 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale. Parmi les 13 institutions retenues figure IPAR Think Tank, structure basée au Sénégal et active dans près de onze pays d’Afrique de l’Ouest.
Une plateforme de 50 millions de dollars pour l’expertise africaine
L’ATTP est mise en œuvre par la Commission de l’Union africaine, en partenariat avec la Fondation africaine pour le renforcement des capacités (ACBF) et l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD). Objectif : renforcer les capacités et l’influence des think tanks africains dans l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes, et favoriser leur collaboration avec les décideurs publics autour des enjeux transfrontaliers et des grandes priorités de développement du continent.
Le choix de Dakar pour cette réunion de travail traduit le poids croissant des écosystèmes nationaux de recherche dans la construction de réponses africaines aux défis du développement. Pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest francophone, la rencontre offre aussi une occasion de mettre en lumière une expertise longtemps marginalisée dans les réseaux continentaux, largement dominés par le monde anglophone.
IPAR, porte-voix de la francophonie
IPAR Think Tank a été retenu via sa participation au Consortium for Africa Cross-Border Evidence and Policy Sovereignty (CACEPS), coordonné par l’African Population and Health Research Center (APHRC) du Kenya. Ce consortium réunit également le Centre égyptien d’études économiques, le Centre pour le développement de la population et de l’environnement (Nigeria) et le Centro de Integridade Pública (Mozambique).
« En tant qu’unique institution francophone au sein du CACEPS et seconde au sein de l’ATTP, IPAR Think Tank entend porter la voix des institutions de recherche et espaces de réflexion d’Afrique francophone sur les politiques publiques », souligne Habibatou Ibrahima Thiam, cheffe de projet ATTP au sein de l’institution, qui y voit « une très belle reconnaissance. »
Spécialisé dans les stratégies de développement agricole, rural et alimentaire, IPAR travaille à l’interface entre la recherche, le dialogue politique et l’action de développement, aux côtés des institutions publiques, des collectivités territoriales, des organisations de producteurs et des partenaires techniques et financiers. L’institution est par ailleurs membre du Réseau sénégalais des think tanks (SEN-RTT) et du réseau des think tanks de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (RTT-UEMOA). Reste à savoir si cette plateforme continentale saura transformer l’expertise produite sur le continent en politiques publiques effectivement appliquées : c’est là que se mesurera son utilité réelle.





Sénégal


![Tribune | L’Accord de défense de La Mecque : vers un nouveau paradigme sécuritaire multiplexe au Moyen-Orient [Par Prof. El Hassane Hzaine] Tout comme les déboires de l’intégration économique arabe, cette inefficience s’explique en grande partie par le souverainisme, les divergences idéologiques et les rivalités de puissance, accentuées par l’exigence d’unanimité qui régit les décisions de la Ligue arabe et de l’OCI. Tout État membre peut opposer son veto à toute action, rendant l’organisation virtuellement impuissante face aux conflits inter-coalitions qui dominent la politique arabe.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/08/Grid-450x229.jpg)


