Deux jours après en avoir lancé l’idée, le président américain Donald Trump a signé, jeudi 27 août à Washington, un décret rebaptisant le lac Ontario, à la frontière canadienne, en « lac d’Amérique. » Une décision unilatérale, sans reconnaissance internationale, qui s’inscrit dans la confrontation commerciale ouverte entre les deux voisins. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a répliqué dans la foulée : le lac s’appelle Ontario « aujourd’hui et pour toujours.»
Pour l’occasion, une carte avait été installée dans le Bureau ovale, où l’étendue d’eau, l’un des Grands Lacs de la zone frontalière, apparaît déjà sous sa nouvelle appellation, en grosses lettres rouges. « Les États-Unis sont le premier protecteur des Grands Lacs », affirme le décret publié par la Maison Blanche, qui assure aussi que Washington « revendique la plus grande partie du volume du lac, puisque les parties les plus profondes sont sur le territoire américain.»
« Nous avons un golfe et nous avons un lac »
« Nous avons un golfe et nous avons un lac. Tout ce qui nous manque encore est un océan. Donc peut-être que nous allons changer le nom de l’Atlantique ou du Pacifique. Peut-être que nous changerons les deux », a commenté le président américain. Au tout début de son second mandat, il avait déjà ordonné de rebaptiser le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique. »
La réponse d’Ottawa n’a pas tardé. « Les Canadiennes et les Canadiens savent qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme lac Ontario », a écrit Mark Carney sur X, relevant que les États-Unis sont en train de changer, « leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes. » Le Premier ministre a rappelé que le nom du lac tire son origine du mot wendat « Ontari’io », qui signifie « le lac est beau, le lac est grand », une appellation vieille de plus de 400 ans, antérieure à la Confédération canadienne comme à la Déclaration d’indépendance des États-Unis.
Guerre douanière de fond
Cette sortie hydronymique risque de doucher l’espoir, exprimé jeudi par Ottawa, d’une reprise des discussions commerciales. « Les Canadiens nous ont très mal traités. Ce sont des gens méchants », a lancé Donald Trump, qui accuse le Canada de vouloir « dépouiller » les États-Unis et a suggéré à plusieurs reprises qu’il devienne un État américain.
Sur le front tarifaire, les deux pays se rendent coup pour coup. Après l’entrée en vigueur samedi de nouveaux droits de douane américains et la rupture des négociations, Ottawa riposte avec une série de surtaxes visant certains produits américains, effectives le 8 septembre.
Avec AFP





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