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Afrique : Pour amorcer le développement, il faut des champions nationaux

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Pour le financier ivoirien Tidiane Thiam, il est crucial que les pays africains aient des entreprises locales à succès pour créer un climat de confiance et attirer l’investissement étranger.

Tidiane Thiam, qui vient de lancer une société d’acquisition à vocation spéciale (ou Spac, Special purpose acquisition company) du nom de Freedom Acquisition I Corp, a été l’invité du récent Forum Afrique de l’OCDE. Il a axé son intervention sur les défis qui attendent l’Afrique dans un contexte très favorable à la reprise mondiale, du fait des taux d’intérêt extrêmement faibles, voire nuls. «Le niveau de stimulation de l’économie mondiale est sans précédent», a-t-il noté avant d’ajouter que «le monde n’a tout simplement jamais fait face à une telle profusion de ressources et de liquidités en si peu de temps».

Pour autant, «c’est très risqué pour le continent», un risque d’une divergence majeure entre les économies développées qui rebondissent fortement et très rapidement, notamment en vaccinant leur population et celles des pays africains qui ont plus de difficultés pour des raisons sanitaires évidentes.


Mais, au-delà de la conjoncture, selon lui le vrai défi pour le continent est d’avoir des entreprises locales fortes. Toujours selon Thiam, quand les géants mondiaux veulent s’installer dans un pays, ils cherchent d’abord des entreprises locales performantes. «Et moi en tant qu’homme d’affaires, si je ne vois pas ce genre de succès locaux, je n’investis pas. Sauf si je suis dans les industries extractives où je ne me soucie pas tellement de ce qui se passe dans l’économie locale».

Ce discours est donc, on ne peut plus clair et doit inciter les pays africains à encourager les investissements faits par des nationaux pour développer des secteurs du secondaire et du tertiaire. Le financier n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que les Etats-Unis du 19e siècle ont été avant tout développés par des nationaux comme Rockfeller, Vanderbilt, JP Morgan, Carnegie… En Chine, à partir de 1984, dans chaque moindre secteur, on a vu émerger des entreprises locales pour développer l’Empire du milieu. Et l’Afrique ne pourra pas échapper à cette réalité. Il lui faudra identifier des secteurs phares et accompagner autant que possible des investisseurs locaux afin d’amorcer cette nécessaire émergence.

 

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