Les traditionnelles prévisions de croissance que publie le Fonds monétaire international (FMI) au printemps sont tombées ce jeudi 16 avril. Pour l’Afrique subsaharienne, l’Institution constate que la région est freinée dans son élan de 2025.
Au terme d’une solide année 2025, l’Afrique subsaharienne a entamé 2026 en récoltant les fruits d’une stabilisation durement acquise. Toutefois, la guerre au Moyen-Orient est venue assombrir ces perspectives. Les cours du pétrole, du gaz et des engrais, ainsi que les coûts du transport maritime, ont nettement augmenté.
En outre, ce choc bouleverse les échanges de l’Afrique subsaharienne avec ses partenaires commerciaux du Golfe, réduit les arrivées de touristes et risque de faire baisser les envois de fonds à destination de certains pays. L’appétence pour le risque à diminué, au détriment des conditions de financement, or, beaucoup de pays ne disposent que de réserves limitées.
4,3% de croissance attendue cette année
La croissance régionale devrait atteindre 4,3 % en 2026, soit 0,3 point de pourcentage de moins par rapport à la prévision préalable à la guerre, et la situation devrait varier considérablement d’un pays à l’autre. Les pays importateurs de pétrole pauvres en ressources naturelles voient leur balance commerciale se dégrader et le coût de la vie augmenter, tandis que les pays exportateurs de pétrole vont bénéficier de l’augmentation de leurs recettes d’exportation, tout en restant exposés à la volatilité des cours et à des risques de procyclicité de leurs politiques économiques. Le taux d’inflation médian devrait repartir à la hausse et atteindre 5% d’ici à la fin de 2026, contre 3,4 % à la fin de 2025.
La pauvreté et l’insécurité alimentaire, entre autres indicateurs sociaux qui ont déjà pâti de la pandémie, pourraient encore se détériorer en raison de la baisse de l’aide extérieure et du renchérissement des denrées alimentaires. D’après les estimations des services du FMI, une hausse de 20 % des cours mondiaux des denrées alimentaires pourrait mettre plus de 20 millions d’habitants de la région dans une situation d’insécurité alimentaire modérée ou sévère.
Les risques baissiers sont considérables dans un contexte marqué par une forte incertitude à l’échelle mondiale et des facteurs de vulnérabilité macro-économique élevés au niveau régional. Un conflit prolongé aggraverait encore la hausse des cours du pétrole, des engrais et des denrées alimentaires, et déclencherait un épisode d’aversion pour le risque, ce qui ferait fortement augmenter les coûts de l’emprunt et contraindrait les pays qui connaissent de grands besoins de refinancement à procéder à des ajustements abrupts.
Dans un tel scénario, la production pourrait baisser de 0,6 % à l’échelle de la région, sachant que les pays importateurs de pétrole seraient plus sévèrement touchés, et le taux d’inflation en 2026 pourrait afficher 2,4 points de pourcentage de plus qu’avant la guerre.





Etats-Unis

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