Chaque année, ce ne sont pas moins de 88,6 milliards de dollars US qui sont illégalement transférés du continent vers l’étranger, selon un récent rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), intitulé à juste titre «Les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique».
Cette somme représente quelque 3,7% du PIB du continent, soit nettement plus que l’aide publique au développement ou l’investissement direct étranger (IED) de toute l’Afrique. En effet, les IED ont été de 45 milliards de dollars en 2019 et un peu plus de 54 milliards en 2018. C’est dire que si ces flux illicites étaient maintenus sur le continent, beaucoup de pays pouvaient assurer leur développement en finançant l’éducation et la formation, les services de santé, mais également la sécurité et l’accompagnement des secteurs clés comme l’agriculture, l’industrie et les télécoms.
D’ailleurs, à ce propos, l’analyse livrée par le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi, est des plus pertinentes. Selon lui, « ces flux financiers illicites privent l’Afrique et ses habitants de leurs perspectives, sapant la transparence et la responsabilité et érodant la confiance dans les institutions africaines ».
En quelques années, le continent perd près de 1000 milliards de dollars à cause de ces transferts frauduleux, soit nettement plus que le total de la dette de tous les pays du continent qui n’était que de 770 milliards de dollars en 2018. Bref, à tous points de vue, il s’agit d’un véritable gâchis auquel, il convient de mettre fin dans les meilleurs délais pour permettre au continent de décoller sans avoir besoin ni d’aide ni d’endettement excessif. Mais pour ce faire, il convient de lutter contre la corruption et tout ce qui symbolise la mal-gouvernance.








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