Les investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 14 % en 2025 pour atteindre 1.600 milliards de dollars, rebondissant après deux années de décrochage. Plus de 140 milliards de dollars de cette croissance proviennent de la hausse des flux transitant par des centres financiers mondiaux, révèle le Rapport 2026 publié le 21 janvier à Genève. En excluant ces flux de transit, les IDE n’ont augmenté que d’environ 5 %.
Les indicateurs de confiance des investisseurs sont restés faibles tout au long de l’année. La valeur des fusions et acquisitions a baissé de 10 %, tandis que le financement international de projets a reculé pour la quatrième année consécutive, chutant de 16 % en valeur et de 12 % en nombre d’opérations, revenant aux niveaux observés en 2019.
Les annonces de nouveaux projets (greenfield investment) sont également en forte baisse, -16 %, malgré des montants globaux élevés portés par des grands projets d’envergure. Les données indiquent un rebond davantage porté par les transactions financières que par une expansion généralisée de l’investissement.
Les économies développées en première ligne
Les flux d’IDE vers les économies développées ont bondi de 43 % à 728 milliards de dollars, stimulés par l’Europe et les centres financiers. L’Union européenne a enregistré une hausse de 56 %, portée par d’importantes acquisitions transfrontalières et un rebond dans des économies telles que l’Allemagne, la France et l’Italie. En revanche, les flux vers les économies en développement ont diminué de 2 %, à 877 milliards de dollars, soit 55 % du total mondial. Les pays à faible revenu ont été les plus durement touchés, avec trois quarts des pays les moins avancés enregistrant des flux stagnants ou en baisse.
L’investissement se concentre de plus en plus dans quelques secteurs stratégiques à forte intensité de capital. Les centres de données ont représenté plus d’un cinquième de la valeur mondiale des nouveaux projets en 2025, avec des annonces d’investissement dépassant 270 milliards de dollars, portées par la demande en infrastructures d’intelligence artificielle (IA) et réseaux numériques.
La valeur des projets de semi-conducteurs a augmenté de 35 %, tandis que le nombre de projets a fortement diminué dans les secteurs exposés aux droits de douane et fortement intégrés dans les chaînes de valeur mondiales, tels que le textile, l’électronique et la machinerie.
Les grands projets se sont concentrés dans un petit nombre de pays hôtes, avec en tête la France, les États-Unis et la République de Corée, tandis que des marchés émergents comme le Brésil, l’Inde, la Thaïlande et la Malaisie ont également attiré d’importants investissements.
Une conjoncture fragile et des perspectives incertaines
Les flux d’IDE pourraient augmenter modestement en 2026 si les conditions de financement continuent de s’assouplir et si les fusions et acquisitions transfrontalières se redressent. Cependant, la CNUCED s’attend à ce que l’investissement réel demeure modérée, impacté par les tensions géopolitiques, l’incertitude des politiques et la fragmentation économique. Dans ce contexte d’incertitude persistante et de fragmentation croissante des flux d’investissement, l’attention se porte désormais sur la manière dont le dialogue politique mondial peut contribuer à rétablir la confiance et à réorienter les capitaux vers des utilisations plus productives.










![Géopolitique |Conflit au Moyen-Orient : les économies de la région MENAAP durement frappées, nécessité d’agir pour renforcer la résilience et créer des emplois [Banque mondiale] Ce conflit constitue un choc supplémentaire pour une région déjà confrontée à une faible croissance de la productivité, à un dynamisme limité du secteur privé et à des défis persistants sur le marché du travail.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Un-methanier--450x229.jpg.webp)
