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Agriculture : la Formation comme solution aux défis futurs

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Les épisodes de crises alimentaires auxquels est confronté le continent africain de façon récurrente, combinés aux enjeux climatiques relancent la question de l’agriculture de demain. Un sujet crucial qui fut au cœur des échanges de la 6ème édition du webinaire «Trait d’union» organisé le 27 septembre, comme chaque année, par le groupe OCP sous le thème «La formation agricole : quel modèle face aux enjeux climatiques et alimentaires ?».

Comment doivent évoluer les cursus universitaires pour répondre à ces enjeux ? Agriculture : un secteur  qui séduit peu de jeunes Africains

L’agriculture reste le premier pourvoyeur d’emplois sur l’ensemble du continent avec plus de la moitié de la population active qui vit de ce secteur de plus en plus capitalistique, même en Afrique. Par ailleurs, rappelle Nadia Lamlili, chargée de mission auprès de l’OCP, l’agriculture contribue à hauteur 32% du PIB. Cependant, seulement 2% des étudiants africains s’orientent vers les filières agricoles, déplore-t-elle. A contrario, 8,5% des agriculteurs européens ont reçu une formation agricole complète et 70% ont reçu une formation pratique individuelle. Mieux, les filières agricoles font l’objet d’un engouement croissant en France comme le relève, Nadia Lamlili. En effet, ils étaient environ 230.000 recensés à l’occasion de la rentrée 2022-2023 dans les lycées agricoles, centres de formation et établissements supérieurs.

L’un des freins de l’agriculture africaine reste donc son incapacité à séduire les jeunes générations. Cela s’explique en grande partie par ailleurs, par l’incapacité de ce secteur à se réinventer. 

Agriculture, un secteur peu soutenu par l’industrie

Les défis actuels tels que le changement climatique imposent justement aux pays du continent africain un changement radical des techniques utilisées afin de mieux répondre aux enjeux futurs. Comment les nouvelles technologies peuvent-elles y contribuer ? Pour Anastasia Boucheron, Directrice des affaires sociales de l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA) en France, il devient urgent de créer de nouveaux métiers : «On crée de nouveaux métiers pour répondre aux nouveaux besoins, pour répondre aux transitions environnementales, climatiques, technologiques et numériques qui doivent être prises en main par les industries agroalimentaires afin de modifier leur process de fabrication, pour proposer une alimentation plus sûre, plus saine, plus durable et surtout plus accessible à tous». Elle insiste sur le fait qu’il serait tout aussi intéressant de repenser les métiers existants afin de les adapter aux nouveaux enjeux. Cela permettrait de susciter davantage de vocations auprès de la jeune génération.

16 400 entreprises agroalimentaires en France à 98% TPE/PME

Anastasia Boucheron rappelle à juste titre que le secteur agroalimentaire compte

16 400 entreprises en France parmi lesquelles 98% TPE/PME. Pour comprendre le fossé existant avec le continent africain, il est important de rappeler que 70% de la production agricole est transformée en France autant que 80% des produits consommés dans le pays y sont fabriqués.

Pour Bruno Gerard, Professor and Agrobioscience lead à l’Université Mohammed VI Polytechnique : «il n’y a pas assez de cadres qui travaillent dans l’agriculture en Afrique. Les formations sont là mais elles sont à améliorer». Selon lui, adapter les techniques agricoles actuelles au numérique permettrait d’attirer un grand nombre de jeunes dans les filières agricoles. Blaise Ango, Président du Réseau FAR – Réseau International Formation Agricole et Rurale – abonde dans le même sens que ses prédécesseurs. Il propose quant à lui de «pousser les jeunes à s’intéresser aux métiers agricoles pour impulser le développement économique du continent, à travers des formations plus adaptées et agiles».

 

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