Le chef de l’Etat kényan William Ruto vient de promulguer une loi qui prévoit une forte augmentation du capital social plancher des banques commerciales. Le seuil minimum est désormais fixé à 10 milliards de shillings kényans, soit 77 millions de dollars
Cette augmentation est dix fois plus élevée que le niveau actuel, 1 milliard de shillings kényans. La
conformité à ce nouveau seuil se fera en plusieurs étapes : soit 3 milliards de shillings d’ici la fin de 2025, 5 milliards d’ici 2026, 7 milliards de shillings d’ici 2027, 8 milliards d’ici 2028 et enfin 10 milliards de shillings kényans en 2029. Les banques auront donc cinq ans pour se mettre en conformité réglementaire.
La profession bancaire n’a pas été prise de court. Le relèvement du capital minimum des banques avait été annoncé depuis le début de l’année par le gouverneur de la Banque centrale du Kenya, Kamau Thugge. Selon les autorités monétaires du pays, l’objectif est de «faire émerger un système bancaire plus solide capable de résister à des risques potentiels inattendus tels que des pertes de crédit plus élevées, des chocs liés au changement climatique ou des incidents de cybersécurité.»
12 banques vulnérables sur un total de 38
La plupart des banques vont devoir lever des capitaux supplémentaires pour se conformer à la nouvelle exigence en fonds propres. En décembre 2023, le régulateur avait relevé que 12 banques étaient clairement vulnérables en raison de la faiblesse de leurs fonds propres et qu’elles présentaient un risque important d’insolvabilité.
Le Kenya compte 38 banques en activité, mais, selon l’agence Moody’s, 21 représentent 8 % du total des actifs et seulement 2 % de la rentabilité. Les petites banques kényanes sont confrontées à des coûts de financement élevés assorties d’une faible rentabilité.





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