Figure incontournable de la vie politique sénégalaise et africaine, Abdoulaye Wade célèbre ce 29 mai son centenaire. Opposant historique devenu président de la République après plusieurs décennies de combat, le fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) aura marqué un siècle d’histoire par son engagement en faveur du pluralisme et de la démocratie.
Né en 1926, Abdoulaye Wade fait partie de cette génération d’intellectuels africains formés entre le continent et la France coloniale.
Des bancs de William Ponty aux universités françaises
Après des études à la prestigieuse école William Ponty de Sébikotane, près de Dakar, il décroche en 1947 une bourse pour poursuivre son cursus en France.
Le jeune étudiant débute par les mathématiques au lycée Condorcet, à Paris, entre 1951 et 1952, avant de poursuivre des études supérieures aux universités de Besançon puis de Grenoble. Travailleur acharné et brillant universitaire, il accumule les diplômes en droit, économie, philosophie, psychologie et sociologie.
Retour au Sénégal : l’avocat et l’opposant
À son retour au Sénégal en 1960, année de l’indépendance du pays, Abdoulaye Wade enseigne le droit à l’université de Dakar, devenue aujourd’hui l’université Cheikh Anta Diop. En parallèle, il ouvre son propre cabinet d’avocat et rejoint le barreau de Dakar.
Très vite, il se fait connaître sur la scène nationale, notamment en assurant la défense de Mamadou Dia lors du procès lié à la crise politique de décembre 1962.
Mais c’est surtout en politique qu’il va imposer sa marque. Le 31 juillet 1974, il fonde le Parti démocratique sénégalais (PDS), appelé à devenir la principale force d’opposition face au pouvoir socialiste alors incarné par Léopold Sédar Senghor puis Abdou Diouf.
Une longue marche vers le pouvoir
Candidat à plusieurs reprises à l’élection présidentielle — en 1978, 1983, 1988 et 1993 — Abdoulaye Wade construit progressivement son image d’opposant infatigable. Senghor lui attribue alors le surnom de «Ndiombor», le «lièvre futé» en wolof, en référence à sa ténacité et à son sens politique.
Après plus de deux décennies de lutte, l’alternance historique intervient finalement en 2000. Abdoulaye Wade remporte l’élection présidentielle face à Abdou Diouf, qui dirigeait le Sénégal depuis 19 ans. À 74 ans, il accède enfin à la magistrature suprême.
Son parcours n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille : plusieurs fois ministre sous Abdou Diouf, il connaît également la prison à au moins trois reprises au cours de sa carrière politique.
La chute et le retrait de la vie politique
Après douze années au pouvoir, Abdoulaye Wade est battu au second tour de l’élection présidentielle du 25 mars 2012 par Macky Sall, son ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, devenu son principal adversaire politique.
Surnommé «Gorgui» – «le vieux» en wolof – l’ancien chef de l’État se retire alors progressivement de la scène politique. Il partage désormais sa vie entre le Sénégal et Versailles, en région parisienne.
Un héritage au-delà des clivages
À l’occasion de son centenaire, les autorités sénégalaises prévoient de rendre hommage à celui qui demeure l’une des figures majeures de l’histoire politique contemporaine du Sénégal.
Pour ses partisans comme pour ses adversaires, Abdoulaye Wade reste l’homme qui aura incarné pendant plusieurs décennies la lutte démocratique et l’alternance politique dans l’un des pays les plus stables d’Afrique de l’Ouest.





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