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Burundi : le chef de l’Etat s’en prend à l’utilisation détournée de l’APD

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Ce vendredi 10 décembre 2021, le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a tenu une mini table-ronde avec les partenaires techniques et financiers. Et ce, dans le but de rendre l’Aide publique au développement (APD) efficiente.

Evariste Ndayishimiye, president du Burundi

Des diplomates, des représentants des organisations multilatérales, d’aide au développement, des Nations-Unies, … Tout le monde a répondu présent. Cette rencontre avec des partenaires financiers et techniques avait d’ailleurs été annoncé lors du Forum national sur le développement du Burundi, tenu, en novembre 2021. C’est au Palais Ntare House qu’a eu lieu cette rencontre. «Aujourd’hui, c’est un grand évènement pour le développement du Burundi depuis la mise en place des nouvelles institutions en 2020. Auparavant, vous veniez dans ce genre de rencontres pour nous écouter parler. Mais en ce jour, nous nous sommes réunis autour d’une table pour échanger sur l’harmonisation et la coordination de nos interventions en vue d’améliorer la vie de la population. Je me réjouis d’être là avec vous animés d’un esprit constructif : le développement du Burundi», a déclaré le President Ndayishimiye.

Annonçant que la table ronde proprement dite sera organisée courant de l’année 2022, il a souligné que son pays est déjà entré dans une phase décisive de son développement socio-économique. «Des années de conflits sociaux et politiques se sont écoulées laissant derrière des plaies difficiles à panser. Nous avons également passé des années dans la reconstruction de notre cohésion sociale, qui étaient tout autant difficiles suite aux conséquences de ces conflits. Mais, voilà, le Burundi reste debout et vivant.» Le chef de l’Etat a fait savoir que durant ces dernières années, le gouvernement a tout fait pour remettre le pays sur les rails via la restauration d’un Etat de droit, la reconstitution des corps de défense et de sécurité, l’instauration des institutions démocratiques dans l’organisation et l’exercice du pouvoir, le rapatriement des réfugiés et réconciliation nationale, la réinstauration de la justice, en passant par la justice transitionnelle, etc.

L’Aide publique au développement doit être visibles

Pour le président Ndayishimiye, on doit sortir le Burundi de la pauvreté : «je m’y suis engagé et ensemble, avec tous les citoyens, nous y arriverons.» Pour ce faire, il a signalé que le plus urgent est de canaliser les fonds disponibles pouvant constituer un capital de démarrage. «Aujourd’hui, nous allons aborder, sans faux-fuyant, les questions liées au développement de notre pays ; nous allons diagnostiquer nos erreurs et tous les facteurs d’échec ou de réussite. Ceci est nécessaire car si nous essayons de comptabiliser les financements pour le développement qui ont été orientés au Burundi, c’est honteux, inconcevable et incompréhensible de constater que le pays est toujours compté parmi les pays pauvres au monde malgré tous ces financements que je vois sur papier», a-t-il insisté, tout en se demandant où se sont envolés tous ces fonds qui devraient constituer un capital de démarrage pour le développement de notre pays. On arrive à la conclusion que l’aide au développement est inutile en l’état actuel des choses. «Je crois aussi que, vous en conviendrez avec moi, ce serait une honte de financer un projet avec suffisamment de fonds mais qu’enfin de compte on ne trouve aucun signe visible de l’amélioration de la vie des citoyens.»

Les PTF parlent

Pour améliorer le partenariat du gouvernement et des Partenaires techniques et financiers (PTF), Véronique Kabondo, représentante de la Banque mondiale au Burundi a appelé de ses vœux la simplification des procédures bureaucratiques : «La formalité est constructive mais ne doit pas être un facteur de ralentissement.» De son côté, Nicole Kouassi, du PNUD, s’est indignée du coût onéreux des nombreux ateliers de formation organisés. Elle a plaidé pour une meilleure réorientation des fonds : «Il faut prendre en considération la dimension démographique lors de la planification des projets.» Pour la Banque Africaine de Développement (BAD), il faut la création d’un mécanisme de concertation régulière. Pour la banque panafricaine, l’absence des données statistiques fiables est un handicap, car, elles devraient guider les prises de décision.

Tout en saluant l’initiative d’organiser cette mini table-ronde, l’ambassadeur Claude Boshu de l’Union européenne au Burundi   a insisté sur la nécessité de travailler sur une base unanimement comprise, c’est-à-dire la mise en place des dialogues sectoriels pour mieux coordonner les interventions.  

Damien Mama, coordonnateur des Nations unies au Burundi, pour sa part, a souligné que l’aide au développement n’est utile et efficace que si elle est bien orientée par le leadership national.

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