Jeudi, 27 août, 493 réfugiés burundais du camp de réfugiés de Mahama, au Rwanda, sont rentrés, au Burundi, via la frontière Gasenyi-Nemba, de Kirundo, au nord du Burundi.
Ils sont constitués des enfants, des femmes et des hommes et ont été accueillis par une foule des Burundais et des hautes autorités dont Dr. Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé publique et de la lutte contre le Sida et Gervais Ndirakobuca, ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire.
«Il s’agit d’un premier convoi», a indiqué Gervais Ndirakobuca, ministre burundais de l’Intérieur et de la sécurité publique.
Contrairement aux discours radicaux qui étaient tenus à l’endroit du Rwanda, il y a des mois, actuellement, un langage amical s’installe. Dans son discours de bienvenu à ce premier convoi des réfugiés, le ministre Ndirakobuca a remercié le Rwanda :«Nous saisissons cette occasion pour remercier le gouvernement rwandais pour leur avoir donné refuge jusqu’à ce jour de rapatriement dans leur pays natal.» D’après lui, héberger des réfugiés est un travail dur. «C’est pourquoi nous demandons au gouvernement rwandais de continuer à sensibiliser même ceux qui restent là pour rentrer massivement. Il faut qu’il se défasse de ce fardeau».
De son côté, Kigali a indiqué, via un communiqué du ministère rwandais en charge de la gestion des catastrophes, sorti ce mercredi 26 août, qu’il s’agit de la première phase d’un processus de rapatriement volontaire organisé.
Le même ministère précise que jusqu’à ce mercredi, 1800 demandes avaient été enregistrées et que depuis 2015, le Rwanda a accueilli à peu près 72 000 réfugiés burundais et que jusqu’en mars 2020 quand le Rwanda a fermé ses frontières suite à la Covid-19, 5.922 réfugiés burundais étaient déjà retournés volontairement mettant leur document de réfugiés aux postes frontières rwandais.
Toujours dans le cadre de rapprochement entre Kigali et Gitega, depuis ce lundi, 24 août, une délégation de l’armée burundaise et une autre de l’armée rwandaise sont en concertation à Nemba pour statuer sur les problèmes de sécurité sur les frontières de ces deux pays frontaliers. La médiation est assurée par la Conférence Internationale pour la Région des Grands-Lacs (CIRGL).
Pour rappel, depuis 2015, les relations entre les deux pays étaient jusque-là tendues. Le Burundi accusant le Rwanda d’avoir aidé et planifié le coup d’État manqué du 13 mai 2015, d’héberger ses opposants et de les entrainer militairement en vue de sa déstabilisation. De son côté, Kigali contre-attaque en accusant le Burundi de collaborer avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) accusés d’avoir commis un génocide contre les tutsis en 1994.
Et la Covid-19 ?
En cette période de pandémie, une prise de température était obligatoire à leur entrée sur le sol burundais. Le port du masque était obligatoire pour ces rapatriés. Des équipes médicales étaient mobilisées à la frontière.
Dr. Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé publique et de la lutte contre le Sida leur a demandé, une fois arrivés sur leurs collines, d’observer des mesures barrières dont le lavage régulier des mains afin de contribuer à la lutte contre le coronavirus.
Selon le ministre Ndirakobuca, tous ces rapatriés vont passer trois jours dans un site de transit, à Songore, commune Kiremba, province Ngozi. Là, ils vont subir un test de la Covid-19, recevoir un kit retour constitué d’aide assistance alimentaire et financière avant de retourner dans leurs communes d’origine.





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