Le groupe bancaire Ecobank a lancé mercredi 3 juin un emprunt obligataire de 450 millions de dollars dédié au financement de la protection de la biodiversité et des écosystèmes naturels. Cette première «Obligation Nature » émise sur le continent est conforme aux caractéristiques et principes édictés par l’Association internationale des marchés de capitaux (ICMA).
A la différence d’obligations vertes classiques (green bonds), les « nature-bonds » canalisent directement les financements vers les entreprises et les communautés dont les activités impactent directement l’environnement. Les fonds mobilisés par Ecobank iront au soutien de petits exploitants adoptant des pratiques agricoles durables, des entreprises de transformation agricole dotées dont le processus de production n’est pas impliqué dans la déforestation, ainsi que des infrastructures hydriques protégeant les écosystèmes d’eau douce.
Selon le communique du groupe Ecobank, les investissements seront réalisés dans 24 marchés sur le continent, avec un focus sur des pays prioritaires pour la biodiversité tels que la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Ghana. Autre détail, 81 % de l’encours de prêts éligibles cibleront des pays où le changement d’affectation des terres agricoles constitue le principal facteur de perte de biodiversité. «Cela permet d’orienter les capitaux vers les zones où ils peuvent avoir le maximum d’impact sur l’environnement.»
Des mécanismes indépendants de reporting, de suivi et de vérification, notamment des contrôles de déforestation et des exigences de traçabilité des chaînes d’approvisionnement, sont prévus afin de garantir que les activités financées produisent des résultats concrets sur la nature. Ainsi, chaque prêt décaissé sera assorti de 7 conditions de durabilité vérifiables.
Les obligations vertes ou green bonds, largement pratiquées par les banques africaines, financent quant à elles un large éventail d’objectifs liés à la préservation de l’environnement, entre autres, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et le développement d’infrastructures de transports à faible émission de gaz à effet de serre. Le verdissement des financements est d’autant plus important que le continent concentre 25 % de la biodiversité mondiale, mais reçoit moins de 3 % des financements consacrés à la nature.
Ecobank group a précisé que sa «Nature Obligation» sera cotée sur la Bourse de Londres et qu’elle bénéficie de la plus haute note de qualité en matière de durabilité de l’agence Moody’s (SQS1 Excellent). Cela a contribué à une forte demande de la part des investisseurs pour ces titres de créance, le carnet d’ordres final ayant dépassé 1,36 milliard de dollars, soit 3,9 fois l’objectif initial. Cet engouement des investisseurs a permis au groupe bancaire, qui visait initialement les 350 millions de dollars d’augmenter l’opération de 100 millions de dollars supplémentaires et de resserrer le taux de rendement de 50 points de base.
« Les investisseurs ne se sont pas contentés de soutenir cette obligation ; ils en ont demandé davantage, nous permettant d’en augmenter la taille et d’en resserrer le prix. Nous avons passé quatre années à mettre en place les systèmes, la gouvernance et les mécanismes de redevabilité nécessaires pour rendre le financement de la nature crédible et évolutif en Afrique », s’est félicité le Directeur Général du groupe, Jeremy Awori.

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