Le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute, a procédé vendredi 3 octobre, à la pose de la première pierre d’un important projet d’une unité de production pharmaceutique intégrée estimé à 530 milliards FCFA, soit l’équivalent de 948,7 millions de dollars US
Porté par une joint-venture sino-camerounaise, la société Yicheng Pharmaceutical Group Fabrication Co. Ltd, ce projet vise à faire du Cameroun «un acteur central de la production et de la distribution de médicaments dans la sous-région.» S’il se concrétise, ce projet sera une réponse concrète à l’ambition souverainiste de ce pays qui dépend des importations pour la quasi-totalité de sa consommation de médicaments et de produits pharmaceutiques. En effet, plus de 95% des médicaments vendus au Cameroun sont importés, pour une facture estimée à 169 milliards de francs CFA en 2024.
Les promoteurs du projet annoncent la mise en service de la première unité de production en janvier 2027. De cette première usine sortiront par an jusqu’à 100 millions de flacons, deux milliards d’ampoules injectables et dix milliards de comprimés, couvrant une centaine de références pharmaceutiques, indiquent les promoteurs. Cette production est pensée pour répondre à la demande locale mais aussi pour alimenter les marchés de la sous-région (ndlr : l’Afrique centrale). Reste à régler la complexité et la bureaucratie liées à la procédure d’homologation, chaque pays ayant ses propres standards et son mode opératoire.
L’ampleur du projet va au-delà du périmètre industriel
Les promoteurs du projet affirment avoir anticipé ces «difficultés» car «les lignes de production se conformeront aux normes des Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) ainsi qu’aux certifications ISO 9001 et ISO 13485, gages de sécurité, de qualité et de traçabilité.»
L’ampleur du chantier dépasse le seul périmètre industriel. A mesure qu’il progresse, le projet intégrera également un complexe hospitalier, un centre de recherche et développement et un réseau logistique capable d’assurer la distribution des médicaments dans toute la sous-région. D’ici 2035, l’ensemble du dispositif doit faire émerger un écosystème pharmaceutique complet, capable de générer plus de 4.000 emplois directs et indirects et de tisser des partenariats avec les universités locales.
Pour le gouvernement, l’enjeu économique est tout aussi important que le volet sanitaire. Produire des médicaments localement devrait contribuer à réduire le déficit chronique de la balance commerciale, tout en renforçant la résilience du pays face aux crises d’approvisionnement. Au-delà, le Cameroun se rêve en futur hub sous-régional de production pharmaceutique rayonnant sur un marché potentiel de 200 millions d’habitants en Afrique centrale.





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