Le basculement est « historique ». La Chine est passée du statut de bailleurs des fonds net du Continent à celui de bénéficiaire net de transferts financiers provenant de l’Afrique. Le continent africain enregistre une variation de 52 milliards de dollars US de ses flux financiers nets sur cinq ans en direction de l’empire du Milieu.
Le rôle de Pékin en tant que principal bailleur de fonds des pays en développement a évolué au cours de la dernière décennie, les nouveaux prêts aux pays les plus pauvres ayant fortement diminué tandis que les remboursements de la dette continuent d’augmenter, selon une analyse publiée par ONE Data. Le rapport de l’Initiative ONE Data révèle que de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire – notamment en Afrique – transfèrent désormais davantage de fonds à la Chine au titre du remboursement de leur dette qu’ils n’en reçoivent en nouveaux financements de la deuxième économie mondiale.
Ce basculement a coïncidé avec une forte augmentation des financements nets provenant des institutions multilatérales, qui sont devenues la principale source de financement du développement après la prise en compte des sorties de fonds liées au service de la dette. L’analyse révèle par ailleurs que les prêteurs multilatéraux ont augmenté leurs financements nets de 124 % au cours de la dernière décennie et représentent désormais 56 % des flux nets vers les pays en développement, soit l’équivalent de 379 milliards de dollars US entre 2020 et 2024.
«Le fait que les prêts entrants soient moins nombreux, mais que les prêts antérieurs de la Chine doivent encore être honorés, explique l’accélération des sorties de capitaux,» indique David McNair, Directeur exécutif de ONE Data.
Les données analysées par ONE Data ne tiennent pas compte des réductions entrées en vigueur en 2025. La fermeture de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) l’année dernière et
la baisse de l’aide au. développement d’autres pays riches ont durement touché les économies en développement, notamment en Afrique.
Le Directeur exécutif de l’Initiative ONE Data assure que cette tendance était «globalement négative» pour les nations africaines, car de nombreux gouvernements rencontrent des difficultés à financer les services publics et les investissements, mais qu’elle favoriserait en même temps la responsabilisation nationale, les gouvernements dépendant moins des financements extérieurs. Le rapport a également mis en évidence un déclin des flux financiers bilatéraux et de la dette extérieure privée – des tendances qui risquent d’être exacerbées par les réductions de l’aide par les pays riches.





Chine

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