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Civisme. La Fondation Attijariwafa bank lance le débat

L’un des piliers de la pensée socialiste, Rousseau, disait : “l’homme est naturellement bon, la société le corrompt”.  De la même façon, le civisme est inscrit dans l’ADN du citoyen mais finit par se perdre, semblaient dire les intervenants à la conférence sur le Civisme organisée par la Fondation Attijariwafa le jeudi 23 avril 2015 dans le cadre de son cycle “Echanger pour mieux comprendre”.

Fondation Attijariwafa BankBien avant le débat, le choix du panel était en soi un exercice captivant. La Fondation a, en effet, souhaité décortiquer le phénomène à travers le prisme d’un anthropologue, d’un acteur associatif et d’un chef d’entreprise.

Sur le fond, les trois panélistes s’accordent : Le rapport du citoyen avec le civisme est à l’image de son rapport avec la société, une question de confiance charnelle et complexe. “Il suppose, avant tout, l’amour des lois. Mais pour que tout un chacun aime la loi, il faut qu’elle soit juste et reconnue comme telle”, a lancé d’emblée l’anthropologue Mme Yasmine Chami. L’incivisme, lui, nait de l’amplification du sentiment d’injustice légal, économique, social et sociétal. Au sens de Mme Chami, le phénomène apparaît “quand une communauté développe un sentiment d’injustice. Elle rejette alors les règles de société, et renonce à concéder une partie de sa liberté pour se plier à la loi”. La spécialiste donne l’exemple des communautés immigrées dans les pays développés dont la défiance vis-à-vis des règles de la communauté impose souvent une réhabilitation du contrat social. Ce dernier, au même titre que n’importe quel autre contrat entre deux parties, doit être équilibré et les deux parties doivent y trouver leur compte.

Ce principe est valable pour tous les citoyens quelle que soit leur classe sociale. “Le chef d’entreprise opère un calcul froid au même titre que le citoyen. Il se soumet à la loi si celle-ci est élaborée dans la concertation et si elle lui apporte un gain, que ce soit en termes de performance, d’efficacité ou de sécurité”, a expliqué Zakaria Fahim, président de la Commission Ethique & Déontologie à la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc).

A son sens, “le citoyen pourrait renouer avec le civisme, pourvu que les gouvernants fassent preuve d’éthique (…) pour susciter la confiance dans le pacte social qui les lie aux gouvernés. Ces derniers y verront leur propre intérêt et respecteront le bien public”.

Ainsi, le civisme ne se décrète pas. Il suppose des règles et un mode de gouvernance spécifiques. Pour autant, il est possible d’agir sur les pratiques inciviques relevées au quotidien par des actions et des campagnes de sensibilisation à grande échelle. C’est ce que déploie, depuis 20 années au Maroc, l’association AFAK pour le Civisme et le Développement. Selon Mme Fatima Sbihi, présidente de l’association, “la voie la plus efficace pour toucher les jeunes reste la synergie entre la famille et l’école”. “AFAK s’apprête aujourd’hui à investir la communication digitale pour améliorer sa force de frappe auprès de cette population de jeunes”, a annoncé Mme Sbihi.

Civisme Education Fondation Attijariwafa

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