fbpx

Contrats miniers  : Le Burundi dénonce les accords léonins

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Le gouvernement du Burundi a décidé de suspendre les opérations de plusieurs sociétés minières internationales. Elles sont accusées de ‘’piller’’ les richesses du pays et le gouvernement du Président Évariste Ndayishimiye estime ne pas bénéficier d’une juste part dans les revenus générés par l’extraction des différents minerais.

Elles sont pour le moment au nombre de sept sociétés minières à avoir reçu l’ordre de suspendre leurs activités. Elles sont d’origine chinoise, russe et britannique dont la plus visée est Rainbow Rare Earths qui exploite des Terres Rares à l’Ouest du pays, dans la province de Bujumbura dit rural.

Gakara est l’une des plus importantes mines au monde pour les terres rares. Il faut noter que dans cette société Rainbow, l’Etat burundais détient 10 % de capital.  

«L’Etat, propriétaire du sol et des minerais, n’en tire pas de profit comme il devrait. Nous voulons renégocier toutes les conventions au profit du peuple car ces minerais doivent servir à financer le développement du pays», a motivé Ibrahim Uwizeye, ministre burundais en chargé des mines.

Pour lui, ces différentes sociétés sont accusées de manquements graves en ce qui est du respect du code minier.  

Il affirme que les conventions qui liaient le gouvernement à ces exploitants étaient caractérisées par un déséquilibre inacceptable. A titre illustratif, il donne le cas de la société Rainbow où dans la convention qui le lie au Burundi, elle perçoit 90% contre 10% qui revient à l’Etat burundais propriétaire des mines.

«Le gouvernement a donc constaté que le pays a beaucoup perdu à cause de ces conventions déséquilibrées, et souhaite y mettre de l’ordre, afin qu’il n’y ait plus de perte ni pour ces sociétés ni pour le pays», souligne le ministre Uwizeye, qui précise que les activités des sociétés minières restent suspendues jusqu’à ce que le gouvernement et ces filiales de multinationales étrangères s’entendent sur de nouvelles conventions d’exploitation minière.  

Vers des accords ‘’win-win’’

Néanmoins, nuance-t-il, cette suspension ne signifie pas que le gouvernement veut leur retirer les permis d’exploitation pour les donner aux autres. «Le gouvernement du Burundi veut établir des nouveaux accords « gagnant-gagnant »», souligne-t-il, notant que cela annonce plutôt pour que le gouvernement et ces sociétés puissent se mettre d’accord sur de nouvelles conventions qui permettent au pays et à ces sociétés de tirer profit de ces exploitations minières.

Il signale que ces sociétés gardent leurs permis d’exploitation. Et de mettre en garde : «En cas de mésentente ou de violation de cette suspension d’activités, le gouvernement pourra retirer le permis et le donner aux autres demandeurs.»

Des risques

Avec cette suspension, des analystes économiques trouvent que le Burundi risque de se voir infligé des amendes. Le professeur Prime Nyamoya indique que cette situation est inquiétante. Il y voit un risque de créer un grave préjudice aux deux parties mais singulièrement à l’économie burundaise.

D’après lui, il y a eu un précédent. S’exprimant dans les colonnes de l’hebdomadaire Iwacu, il rappelle qu’en 2003, une licence minière accordée à une compagnie pour le raffinage de l’or brut en lingot lui a été retirée. «Et cette dernière a porté plainte devant les tribunaux internationaux. Et le Burundi a dû débourser plus de 5 millions de dollars US de pénalités.»

D’autres sociétés dont les activités sont suspendues produisent de l’or ou du coltan, principalement utilisés dans les équipements électroniques. 

De leur part, les terres rares sont des matériaux cruciaux pour certaines industries aujourd’hui en forte croissance comme l’éolien, les voitures électriques ou encore les smartphones.

Pour rappel, après avoir présenté les résultats de son étude, Rainbow Rare Earths a reçu son permis d’exploitation. Elle a signé une convention minière avec le gouvernement du Burundi le 27 mars 2015 créant ainsi la société mixte Rainbow Mining Burundi, RMB en sigle.

Dans cette société, Rainbow Rare Earths Ltd détient 90% du capital et l’Etat du Burundi 10%. Une convention minière, a été approuvée par le décret n°100/194 le 16 juin 2015.

La compagnie RMB a été lancée par feu le Président Pierre Nkurunziza, lui-même le 21 juillet 2017. Et la convention a été publiée dans le Bulletin officiel du Burundi (BOB) N° 9/93 au mois de septembre 2017.

 

Partager.

Répondre